Dès que l’on rencontre Marie Christine Bernard, ce qui m’a impressionné c’est d’abord sa beauté, mais aussi le bleu de ses yeux, qui rappelle le bleu de la mer gaspésienne. Ce n’est pas une auteure qui vit dans son monde. Elle vit avec le monde et sa gentillesse enveloppe son interlocuteur très rapidement. Grâce à sa culture démesurée, on là suivrai partout. Femme de passion et d’action, elle n’hésite pas de mettre au profit sa popularité naissante pour défendre les autochtones. Un peuple qu’elle admire, mais qu’elle aimerait aussi que nous les Québécois, nous nous en rapprochions.
Ce qui ressort de ce livre c’est le travail d’orfèvre qu’elle a réalisée pour écrire un roman à quatre narrateurs. Marie Christine Bernard, se dit touchée que l’on remarque cela : « En fait, il y a même un cinquième narrateur, si l’on compte le narrateur qui raconte l’histoire amérindienne. Quand j’écris, je me demande toujours « Qui parle? » Il faut que mes informations concordent entre les narrateurs ce qui demande une grande maîtrise de l’art narratif ».
Adolescente, l’auteure avoue que son personnage de Célecte lui ressemblait un peu : « Comme Céleste, j’aime me confiée à la mer. Il y a de moi dans ce livre. À la différence, que la mer ne m’a rien pris ».
À cinq ans, Marie Christine Bernard, souhaitait un frère noir. Elle aimait – et encore maintenant – la différence chez les autres : « J’aime aller vers les autres personnes. Les autres cultures m’intéressent beaucoup. Dans mon livre, je parle de l’histoire autochtone. J’ai un profond respect, même de l’amour pour cette culture, mais aussi pour ces personnes. Mon travail au Collège d’Alma, me permet de les côtoyer fréquemment. C’est un peuple qui possède beaucoup de richesses. Ils sont généreux et même s’ils n’ont rien à donner, ils donnent quand même leur amitié et leur amour ».
L’auteure enseigne aussi au Collège d’Alma, à des jeunes qui sont dans une démarche de création littéraire. Plusieurs d’entre eux, ont lu le livre : « Je pense qu’ils sont impressionner de voir que la personne qui leur donne des conseils, sait de quoi elle parle. C’est un élément motivateur pour eux ».
Âgée de huit ans, elle reçoit en cadeau une machine à écrire. C’est avec celle-ci qu’elle compose ses premières histoires.
Dans son processus de création, la musique ne tient pas une place primordiale : « Il me faut le silence absolu. Le bruit de la mer est un beau son à écouter », souligne l’auteure.
Depuis la sortie de son roman « Mademoiselle Personne », Marie Christine Bernard, se dit touchée de la réaction des journalistes envers son dernier opus : « Recevoir une bonne critique, c’est comme une caresse ».
Depuis le 21 mars dernier, elle a terminé son deuxième roman pour enfant qui sortira avant le Salon du Livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
En fin d’entrevue, elle m’a avoué avoir pensé à Marcel Pagnol, Barjavel, Maupassant et Flaubert : « Ce sont des écrivains qui aimaient conter une histoire en s’approchant de l’oralité. J’ai beaucoup pensé à ces auteurs ».
L’auteure aime écrire à l’ordinateur, parce que cela lui apporte un certain confort dans son processus de création : « J’écris à l’ordinateur et lorsque la moitié du roman est écrit, j’imprime les chapitres, j’étale le tout dans mon bureau et je prends une paire de ciseaux et du ruban adhésif pour couper les scènes qui ralentissent le déroulement du roman. Ensuite quand tout est collé, je me remets au travail pour supprimer et modifier les scènes ».
Le résultat de tout ce travail est un livre qui est intouchable et salué par la critique.



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