mai 9, 2008...10:01

" Les puristes ? Je les emmerdes…"

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À la lecture de l’article paru sur le site de Cyberpresse, j’ai pris la décision de contacter cette nouvelle maison d’édition pour parler du livre électronique, un sujet dont vous avez à coeur, vu les courriels que je reçois à ce sujet.

Depuis quelques semaines, une nouvelle maison d’édition a fait son entrée, mais non pas dans les librairies, mais plutôt sur Internet. “Robert ne veut pas lire“, souhaite grâce au format électronique de ces romans, comme le MP3 pour la musique, intéresser une nouvelle clientèle à la lecture. Mais est-ce réaliste? Les droits d’auteurs sont-ils bien protégés? Les auteurs se sentent-ils à part des autres? Est-ce un coup marketing au détriment de la littérature? Toutes ces questions, et bien d’autres, je les ai posées au responsable, Laurent Rabatel, qui par ailleurs est aussi le dirigeant de Lichen Communication, boîte de COM pour les entreprises.

Au téléphone, Laurent Rabatel, fondateur du site, me parle d’une voix énergique. Pour ce dernier, la littérature traditionnelle a complètement oublié un pôle de la population. Entre 14 et 25 ans, décrochent complètement de la littérature qui ne leur colle plus du tout. L’entreprise à décider de balancer des textes, là où les mômes trouveront des titres qui leur colleront.

” Nous sommes au milieu d’une maison d’édition traditionnelle. Oui, parce que nous travaillons avec des auteurs, en revanche nous ne souhaitons pas, comme les autres maisons d’éditions, fonctionner grâce aux subventions par rapport aux titres publier en une année”, souligne Laurent Rabatel.

Un professionnel du livre qui travaille dans la littérature depuis 25 ans aux éditions Gallimard, vient en aide à cette nouvelle maison d’édition. Mais la maison vise aussi sur les connaissances des gens qu’ils aiment, comme Francis Mizio, qui a publié chez Gallimard. Prochainement une bédéiste française, dont le nom n’a pas été révélé, se lancera aussi dans l’aventure de Robert.

Concernant le droit d’auteur, ils recevront 25 % des ventes d’un livre qui coûte 8 $ : “C’est énorme par rapport aux autres maisons d’édition “, ajoute Rabatel.

Dans les faits, sachez qu’une maison traditionnelle rémunère ces auteurs aux alentours de 10 % d’un livre vendu 20 $. Un calcul vite fait : 10 % de 20 $ = 2 $, même somme, donc aucune différence.

“La littérature d’hier est sur papier, celle de demain sur un Ipod Touch. Sur celui-ci, j’ai de la musique, du cinéma, des vidéos, mais pas de littérature. Je remplis la case à remplir avec ce nouveau produit”, souligne Rabatel.

En souhaitant développer le roman-feuilleton, qui se lit entre trois stations de métro, la nouvelle maison d’édition essaye d’innover, là où plusieurs maisons d’édition tant québécoises qu’américaines sont en plein essor. Même si le marché est encore un microcosme d’acheteur potentiel, la maison d’édition Robert, dit offrir au lecteur des textes spécialement développés pour ce nouveau support.

Même si les auteurs ne se sentent pas underground par rapport à ce nouveau média, Laurent Rabatel ajoute que ceux-ci explorent une nouvelle voie : “Les auteurs sont en train de défricher un nouveau terrain. Francis Mizio est très heureux d’écrire pour nous. Il rejoint un plus grand nombre de lecteurs qu’avec son livre paru chez Gallimard”.

Prochainement, le fondateur souhaite attaquer le marché anglophone. Au niveau de l’édition, un livre érotique verra le jour d’ici peu. Même si les vendent ne sont pas exceptionnelles, environ 200 en deux semaines, Laurent Rabatel compte sur les médias pour une visibilité gratuite. Le Nouvel Observateur et Libération feront dans les prochains jours un article à ce sujet.

Sur le site, la maison d’édition propose de payer 8$ le livre, alors que le premier chapitre n’est seulement disponible. Les utilisateurs devront revenir régulièrement télécharger la suite, mais rien n’assure le lecteur qu’il aura son livre dans son intégralité : “Je pense que si les auteurs ne vont pas au bout de leurs oeuvres, ils ne sont pas professionnels. Mais rien n’empêche en effet, un auteur d’arrêter sa publication”, ajoute Rabatel.

Derrière la maison d’édition, se cache la boîte de communication Lichen dont Rabatel est propriétaire. Même s’il avoue que ce n’est pas un coup de publicité, on sent dans sa voix un léger hésitement : “C’est un coup de coeur pour la littérature”.

Aucune oeuvre ne sera protégée par un ISBN destiné à la publication des oeuvres. Ni aucun recensement auprès de la Bibliothèque Nationale : “Les droits d’auteurs sont protégés, mais comme un droit d’auteur protège un MP3. Si la population souhaite nous pirater, qu’il nous pirate, ce n’est pas plus grave que cela. Si on nous pirate, nous serons les premiers contents, on ouvrira le champagne”, s’exclame Rabatel.

Concernant les puristes qui aiment lire un livre en version papier, le fondateur annonce sa couleur ouvertement : “Les puristes ? Je les emmerde. Ce sont leurs problèmes, mais pas le mien. S’ils aiment écouter encore des disques vinyles, tant mieux pour eux !”

À suivre…

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