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Entrevue avec Ginette Lachance

L’auteure de  » La révision linguistique en français  » a acceptée pour le site MIQ une entrevue. En voici l’intégralité.

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MIQ : Quels sont les changements qui ont été apportés à cette édition par rapport à celle parue précédemment en 2006 ?

Ginette Lachance : Des références y ont été ajoutées, en fonction des nouvelles publications parues depuis la première édition, ainsi que deux nouveaux textes visant à aider les travailleurs autonomes dans leur planification financière et leur recherche de contrats.

MIQ : À quelle clientèle s’adresse votre livre ?

Ginette Lachance : Mon but premier était d’offrir un guide aux personnes qui souhaitent travailler en révision linguistique, à leur compte ou autrement, mais il s’est révélé tout aussi utile dans des cours de rédaction et de révision. Il sert également aux rédacteurs de toutes sortes et il est apprécié de tous ceux qui se soucient d’une bonne qualité de la langue française.

MIQ : En plus d’offrir un « coffre à outils » pour s’améliorer, vous offrez au lecteur des exercices. Était-ce une recherche d’interactivité avec celui-ci ?

Ginette Lachance : Je souhaitais permettre à chacun de se situer par rapport à ses connaissances en français de même que par rapport à ce qu’exige la révision linguistique. Vous savez, ce n’est pas parce que nous avons tous appris le français à l’école que ce métier devient automatiquement accessible. Il vaut mieux connaître l’ampleur du travail et ses exigences pour bien s’y préparer, ce que permettent ces tests, je crois. Par la suite, chacun sait quelles sont ses faiblesses et peut travailler à les corriger à l’aide des outils que je propose.

MIQ : Si le lecteur suit vos conseils, il peut s’attendre à améliorer son écrit en combien de temps ?

Ginette Lachance : Tout dépend du temps qu’il y mettra, justement, car il s’agit d’une démarche, et non d’une simple lecture à la fin de laquelle tout serait acquis. Il reste qu’il s’améliorera nécessairement tout au long de son parcours.

MIQ : Selon vous, comment trouvez-vous la qualité du français et de son traitement linguistique dans les médias (Internet, journaux, romans, …) ?

Ginette Lachance : C’est très variable. Les médias et les maisons d’édition de qualité ont généralement un français de qualité. L’inverse est également vrai.

MIQ : Lorsque vous lisez un roman ou un journal, vous arrive-t-il de vous décrocher de votre formation de linguiste ? Je souhaite ici exprimer de prendre plaisir à la lecture sans avoir votre œil qui recherche les améliorations a y apporter.

Ginette Lachance : À moins que la qualité ne soit vraiment médiocre, ce qui se voit rapidement et qui m’empêche de lire le livre en question, je décroche habituellement assez facilement. Mais, comme tout le monde, les coquilles me sautent aux yeux et, comme je n’ai pas encore lu un livre où il n’y en avait pas, je suis capable de tolérance, car je perçois aussi tout le travail qui a été fait, malgré ces coquilles.

MIQ : Trouvez-vous un traitement différent au niveau de la révision linguistique dans les romans européens par rapport aux romans québécois ?

Ginette Lachance : Je ne peux pas répondre à cette question, car depuis quelques années, faute de temps, je lis rarement des romans, qu’ils soient québécois ou autres.

MIQ : Le métier de réviseur est peu connu au Québec, et pourtant, si utile aux auteurs ou aux journalistes. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre travail ? Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite se lancer dans ce métier ?

Ginette Lachance : La révision linguistique consiste à améliorer la qualité de textes divers (livres, revues, communiqués, lettres, publicités, scénarios et autres), notamment par la correction des fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe, de style et de typographie, la clarification du sens, la restructuration du contenu, s’il y a lieu, etc.

Avant de se lancer dans le métier, il faut, comme dans tout autre, bien s’y préparer, c’est-à-dire, outre maîtriser la langue, savoir quels types de fautes corriger, connaître les bons outils, les signes usuels de correction, la façon de procéder (pour la révision sur papier et à l’ordinateur, de même que pour la correction d’épreuves). Comme il n’existe pas de spécialité collégiale ou universitaire qui y mène directement, on peut apprendre tout cela auprès de réviseurs chevronnés ou, bien sûr, dans ce livre La Révision linguistique en français, dans lequel j’ai résumé le fruit de mes vingt ans d’expérience afin d’en faire profiter toute personne intéressée. J’aurais beaucoup aimé disposer d’un tel guide à mes débuts, et c’est d’ailleurs ce qui m’a amenée à le faire.

MIQ : Comment vous est venue la passion de ce métier de linguiste ? Aviez-vous des modèles proches de vous ou seulement une volonté personnelle d’approfondir la langue française ?

Ginette Lachance : Je ne savais même pas que ce métier existait. Curieuse de nature, j’aimais étudier. Toute jeune (vers l’âge de 12 ans), je lisais le dictionnaire, comme d’autres parcourent un roman. Plus tard, après avoir exercé quelques professions, je me demandais ce que je pourrais faire en relation avec cet amour de la langue française. Le hasard a fait que je lise le roman d’une auteure qui, dans sa notice biographique, disait exercer le métier de réviseure. J’ai alors fait des recherches là-dessus et me suis remise à étudier le français, ce qui m’a permis, dans un premier temps, de participer à quelques championnats mondiaux d’orthographe. Puis le hasard (toujours lui) a fait qu’une maison de photocomposition est venue s’installer près de chez moi. Je suis allée rencontrer la directrice et lui ai proposé de m’engager au tarif qu’elle voudrait, le temps que j’apprenne le métier de correctrice. Trois ans plus tard, après la fermeture de cette maison, je me lançais à mon compte comme réviseure.

MIQ : Que pensez-vous du logiciel « Antidote » qui offre aux utilisateurs de Word un correcteur orthographique, de la grammaire, un dictionnaire de synonymes, … Dans votre livre on ne le mentionne pas. Était-ce voulu ?

Ginette Lachance : Les correcteurs orthographiques, même s’ils sont très utiles, n’ont pas encore réussi à égaler l’être humain. Je traite tout de même de l’ensemble des correcticiels, dont Antidote, aux pages 138 et 139, et il est listé dans les références à la page 190. De plus, je le recommande pour les cooccurrences, puisqu’il s’agirait de l’outil le plus performant en cette matière (plus de 80 000 occurrences).

MIQ : En dernier, je laisse l’auteur s’adresser aux lecteurs du site afin de lui faire passer un message. Quel serait-il ?

Ginette Lachance : J’aimerais dire que la révision linguistique est vraiment un métier passionnant. Si, parmi vos lecteurs, il s’en trouve qui aiment particulièrement manier la langue française, qui souhaitent être payés pour lire et apprendre tout au long de leur carrière, qui sont curieux, autonomes et ont envie de travailler à la maison, pas de doute : c’est le métier idéal. Ce livre pourrait les mener plus loin qu’ils ne l’auraient cru. J’espère qu’ils s’y plairont autant que moi après plus de vingt ans…

Toute reproduction interdite sans la mention https://madeinquebec.wordpress.com

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Catégories :Août 2008
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