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Daniel Danis gagnant du prix "Théâtre 2008"

100_1520 L’équipe du Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean dévoile aujourd’hui le gagnant du Prix littéraire AbitibiBowater Théâtre 2008. Publié en février 2008, le jury a retenu la pièce de théâtre de Daniel Danis, de Falardeau, intitulée Kiwi, publiée aux éditions L’Arche.

« Dans cette pièce dont on pourra voir bientôt deux versions différentes au Festival ManiganSes, et une troisième montée par la Compagnie Daniel Danis Arts/Science et diffusée par La Rubrique, Daniel Danis retrouve le ton et la dramaturgie polyphonique de la tragédie grecque : chaque personnage en effet vient faire un court récit, lancer une incantation, pousser une plainte ou une objurgation dans une langue dense et poétique où les situations les plus crues sont transfigurées par la puissance et l’inventivité d’un verbe imparable. La scène se passe dans une ville anonyme où l’imminence des Jeux Olympiques pousse les autorités à opérer un véritable nettoyage social, comme on n’en a que trop vu dans notre actualité : des enfants de la rue s’y constituent une véritable cour des miracles dans un ancien abri de la deuxième guerre mondiale. Là. ils forment une famille où règne l’entraide, une société solidaire comme il n’en existe plus guère dans « l’autre monde », dehors, celui des adultes attachés à leur perte. Mais c’est aussi dans cet autre monde que les enfants, sans cesse pourchassés par la police secrète, doivent trouver leurs moyens de subsistance par le vol et la prostitution. S’ils vendent leur corps dans la « maison noire », c’est aussi dans l’espoir de s’acheter une maison à eux, véritable arche de Noé qu’un jeune couple, celui de Kiwi et Litchi, finira par trouver pour repartir à neuf, comme après un déluge. Cette fable noire, ce conte de fées  plein d’ogres et de monstres humains est aussi une allégorie politique qu’illumine l’enfance, ses jeux et son imaginaire enchanté, et qui s’achève, malgré tout, sur une note d’espoir. Car les enfants triomphent toujours. »

Dans la même catégorie, le jury a retenu comme finaliste Stanley Péan, de Montréal et originaire de Jonquière, pour son recueil de nouvelles L’autochtone de la nuit, édité par la courte échelle.

« Tout au long de ce recueil de nouvelles, Stanley Péan décrit avec réalisme un monde nocturne où s’agitent prédateurs et paumés, couples à la dérive et amoureux transis, monstres et enfants perdus mais que vient parfois tempérer un sourire complice. Sous la plume chaloupée de l’auteur de Zombi blues, la nuit jazze et tangue, laissant sur son rivage, à l’aube, quelques cadavres et beaucoup de « spleen ». À partir de presque rien, un air ou des paroles de chanson pop qui flottent bleues nuit comme une fumée de cigare dans sa tête, Stanley Péan réussit en quelques phrases à créer une atmosphère inquiétante, à camper des personnages crédibles, à rendre vivants leurs tourments ou leurs rêves. Le lecteur est pris d’entrée de jeu par un rythme, un souffle, une ambiance, un ton. Et l’auteur ne le lâche plus, le promenant comme un glaçon dans un verre de scotch, du polar au fantastique et d’une Haïti lointaine mais toujours présente à un Montréal où grouille une faune qu’il vaut mieux, bien souvent, ne pas rencontrer. À avaler d’un trait comme un alcool fort dans une nuit brûlante.  »

Le jury accorde une mention spéciale à Larry Tremblay, de Montréal et originaire de Chicoutimi, pour sa pièce Abraham Lincoln va au théâtre, publiée chez Lansman.

« À travers la relation qui sépare autant qu’elle les unit deux acteurs jouant Laurel et Hardy et le metteur en scène un peu sadique qui les dirige dans une sorte de commémoration hallucinée de l’assassinat de Lincoln, Larry Tremblay construit un labyrinthe vertigineux où les identités s’échangent, se répercutent, se repoussent, de l’Histoire à la vie personnelle, et d’un assassin séduisant à un président charismatique. Trois acteurs dont l’un anime la statue de cire du seizième président des États-Unis, assassiné, comme on sait, par un acteur, trois acteurs dansent une cérémonie funèbre et drôle où les sortilèges se changent en humiliations et où l’image gelée laisse couler un sang qui est musique de vie : « Tous ces gens que vous croisez dans la rue transportent sous leurs vêtements du sang tranquille, rose et endormi. Mais, au fond, c’est une mascarade, un mensonge. Le sang est toujours sur le point de se répandre. » (p. 16). Ainsi se répand, du désir à la déchéance, du rêve à l’assassinat, et du jeu de scène illuminé à la mort immobile, la folie contagieuse que l’on appelle l’Amérique. Larry Tremblay s’en fait ici encore l’exorciste inspiré. »

Chaque semaine, le Salon du livre a dévoilé le gagnant d’une catégorie des Prix littéraires AbitibiBowater. À surveiller, le gagnant du Prix Découverte qui sera dévoilé le Lundi 15 septembre. La remise des prix aura lieu le jeudi 25 septembre lors de la cérémonie d’ouverture officielle de la 44e édition du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

Source : Chantale Tremblay
Coordonnatrice aux communications, Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Photo : gracieuseté Chantale Tremblay

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Catégories :Septembre 2008
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