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" Les portes de Louviers " de Myrielle Marc

Récit :

Pauline a beaucoup d’enfants, et depuis ce matin elle est seule avec eux. Son compagnon est parti, en déclarant qu’il est libre, comme tout le monde, qu’il a le droit d’être heureux, comme tout le monde, et que Pauline d’ailleurs ne vaut pas la peine qu’il reste.

Pourtant jamais Pauline ne s’est sentie aussi légère. « Je me souviens très bien du premier matin, et de la joie qui m’envahit dès que j’ouvris les yeux. Mon dieu, mon dieu, il était parti, le fou, l’ennemi, et sa haine avec lui… Je ne vivrai plus la peur au ventre, avec cette question toujours : « Que va-t-il dire ou faire de PIRE, maintenant ? » Tout ce qui s’était recroquevillé en moi, et desséché sous le vent mauvais, allait pouvoir reprendre vie. »

Mais comment faire face avec toutes ces bouches à nourrir ? Comment se retrouver soi-même quand il faut donner le change devant des enfants déboussolés ? Comment reconquérir le bonheur quand on vous a dit que vous n’en valiez pas la peine, et que vous l’avez cru ?

Malgré son courage, son humour et sa totale indifférence au qu’en-dira-t-on, Pauline se retrouve ce jour-là dans de bien vilains draps. S’en sortira-t-elle, et à quel prix ?

Avis :

Le titre « Les portes de Louviers » est en référence à la chanson enfantine « Sur la route de Louviers« .

C’est l’histoire d’une femme abandonnée par son compagnon qu’il souhaite reprendre sa liberté. Cette femme est mère de plusieurs enfants et comme beaucoup de mères monoparentales elle doit reconstruire sa vie de famille, mais aussi, le plus important, sa propre vie. Pauline, c’est cette mère-là.

Myrielle Marc avec sa plume douce, mais ô combien réaliste, arrive à dépeindre le quotidien de ces nouvelles familles sans tomber dans un voyeurisme pleurnichard qui n’aura rien apporté au roman.

La solitude comme force de tout espoir est le fil conducteur de tout le roman qui se lit facilement et avec plaisir sans voir passer le temps.

L’écriture soignée offre un portrait d’une femme touchante dont l’estime de soi est mise à rude épreuve et comme moi, vous allez vous passionner pour le destin de cette femme pourtant si simple.

Une réussite majestueuse !

Auteure :

Myrielle Marc est née en 1946 près de Nantes. Ses parents ne comptaient pas s’installer là, mais la mort de son père a incité sa mère à rester dans la région. Myrielle avait cinq ans, et on a prétendu son père parti se reposer dans une maison de convalescence… Elle garde le souvenir d’une enfance heureuse dans un milieu populaire, plutôt pauvre et chaleureux. Bonne élève sans vraiment travailler, elle courait les bois et les champs.

Myrielle dit aujourd’hui que l’écriture est la « grande affaire de sa vie ». Elle a commencé à écrire à 7 ans, d’abord des contes et des petits romans, puis à 14 ans, ce qu’elle appelle son « premier vrai livre », publié plus tard sous le titre de Petite fille rouge avec un couteau. De 15 à 17 ans, plongée dans une « absence » à elle-même, elle interrompt ses études. Mais elle refait surface, écrit en une semaine un roman, Le Maudit, puis se lance dans la première version d’Orfenor. Il y en aura quatre, écrites à 20, 35, 45 et 55 ans. Elle passe son bac à vingt-trois ans et devient institutrice, un métier qu’elle a beaucoup aimé et qu’elle a exercé jusqu’à sa retraite (2001), tout en écrivant, toujours. En 1977 les éditions du Seuil publient Petite fille rouge avec un couteau, et en 1981 La pluie à petit bruit, puis Plages et Aux gueux l’an neuf paraissent aux éditions ACL en 1983. Elle écrit aussi deux pièces radiophoniques pour France-Culture, en 1982 et 1983.

Myrielle Marc vit aujourd’hui dans une vieille maison, à vingt-cinq kilomètres de Nantes où elle ne va presque jamais. Elle se lève à 5 heures du matin tous les jours et s’installe à son bureau pour écrire « dans un monde endormi ». Elle écrit toujours à la plume, même si elle a acquis un ordinateur pour taper la dernière version d’Orfenor. Parfois aussi, elle attelle son antique mini-caravane à sa voiture et part sur les routes, s’arrêtant pendant une semaine devant la mer pour écrire et écrire encore. Quand elle n’écrit pas, elle lit beaucoup, jardine, bricole, fabrique des maisons de poupée, fait des recherches généalogiques. Ou elle marche : un de ses vieux rêves est d’aller à Compostelle par les anciennes voies jacquaires. Chaleureuse et directe, elle est pourtant solitaire, et déteste sortir de chez elle. Internet a été une grande découverte pour elle, lui permettant de rencontrer des gens sans être obligée de quitter son « terrier ».

Références :

Titre : Les portes de Louviers
Auteure : Myrielle Marc
Éditeur : XO Éditions
ISBN : 9782845633865

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Toute reproduction interdite sans la mention
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Catégories :Octobre 2008
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