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" Papa 24/7 " de Martin Larocque + entrevue

Récit :

Martin Larocque est comédien, metteur en scène, conférencier. Surtout connu pour son rôle d’Hercule dans le téléroman Virginie, il est considéré comme un homme d’opinions, animé par des valeurs fondamentalement familiales.

Depuis quelques années, il publie des chroniques dans le magazine Enfants Québec sur son rôle de père. Il a rassemblé ses meilleurs textes sous le titre PAPA 24/7, lesquels sont empreints d’une honnêteté désarmante, d’une bonté viscérale et d’un humour savoureux.

Il nous révèle ses espoirs, ses angoisses, ses certitudes et ses doutes face à son rôle d’éducateur, et réclame haut et fort le droit des pères à faire les choses à leur façon, hors des contraintes du matriarcat.

Je suis fatigué et irrité du discours sur le père incompétent et maladroit, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’il y a de plus en plus de pères très compétents. Ensuite, parce que je connais bon nombre de mères maladroites. Et enfin, parce que tout ce qui compte, c’est le désir d’être le meilleur parent possible. Toutes ces publicités où l’on honore « Dre Maman » et où l’on infantilise le père me tuent! Si on laissait la chance à tous ces papas de faire leurs preuves…

Martin Larocque présente une vision de la paternité qui choque, amuse et émeut. Quiconque se questionne sur son rôle de parent trouvera dans cette prise de parole non pas des réponses préfabriquées, mais des pistes de réflexion.

Avis :

Martin Larocque est un homme aux multiples talents. Il ajoute une corde à son arc en devenant auteur. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette nouvelle vocation est très réussie.

Il propose un recueil de ces textes qu’il écrit pour le magazine « Enfants Québec ». Pour ceux, qui n’ont jamais lu sa chronique, c’est le moment de découvrir un auteur qui possède un style littéraire à la fois intime et coloré. C’est ce qui fait son charme.

Ce livre est l’exemple même, que ce dernier en plus d’être lu sera conseillé à ces pères de famille. Un livre qui se promènera de maison en maison. De parents à parents et de familles en famille. Sans donner de leçon, il présente avec grâce sa vision de la paternité afin de susciter un dialogue auprès des familles. Ne prenez pas ce recueil de texte pour un guide à suivre, mais plutôt comme un élément déclencheur sur votre rôle de parent.

L’écriture est si soignée que vous allez avoir l’impression que Larocque vous parle au creux de l’oreille.

Procurez-vous ce livre les yeux fermés. Je vous garantis de passer un excellent moment.

Comme on dirait en Europe : «  Martin Larocque est un mec bien « .

Sublime!

Auteur :

Martin Larocque est éditeur, comédien, animateur et conférencier. Il se fait remarquer dans plusieurs rôles. On se souvient plus particulièrement de lui comme du lecteur du Journal de Montréal dans les publicités diffusées entre 1994 et 1996. Il participe au succès de l’émission Virginie, entre 1998 et 2002, en y tenant le rôle du coloré Hercule Belhumeur. De L’Amour avec un grand A, en passant par Urgence, La veuve de St-Pierre et Grande Ourse, Martin se fait connaître des téléspectateurs et touche à tous les genres. Ses talents d’animateur sont mis en valeur – il anime ou co-anime une dizaine d’émissions à la radio d’État (Le réveil Martin, L’été c’est péché, etc.) et à la télévision – en particulier dans l’émission de cuisine Au goût du jour, diffusée à Canal Vox. Son sens de l’’humour et sa grande aisance lui valent un succès retentissant. Il est engagé à plusieurs reprises à titre de chroniqueur dans diverses émissions culturelles ou de variétés ! Depuis 1998, il a donné plus de 300 conférences sur l’estime de soi dans les écoles secondaires du Québec.

Il se fait connaître au théâtre en raison de ses fréquentations avec différentes institutions à Montréal et en région. C’est Irma la douce, une comédie musicale mise en scène par Denise Filiatrault, qui dévoile ses talents de chanteur et de danseur. À titre de metteur en scène, il touche à la comédie et au théâtre pour enfants et connaît le succès dès sa première expérience. En effet, il reçoit en 1991 la médaille d’or du Commonwealth Youth Service Award pour la mise en scène de Trottoir, fais-moi la cour.

Depuis quelques années, il écrit un billet pour le Magazine Enfants Québec et participe à des manifestations littéraires dont l’objectif consiste à encourager la lecture, plus particulièrement chez les enfants.

Références :

Titre : Papa 24/7
Auteur : Martin Larocque
Éditeur : Les éditions la Bagnole – édition spéciale
ISBN : 978-2-923342-26-9
Prix : 19,95 $

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Entrevue avec Martin Larocque

MiQ : L’idée de vos chroniques dans le magazine « Enfants Québec » est issue d’une discussion dans un corridor à Radio-Canada avec Eve Christian. Avez-vous été surpris de sa réponse lorsqu’elle vous à donner une page pour écrire sur la paternité?

Martin Larocque : Un peu déçu (grand éclat de rire). J’ai toujours eu le processus d’écriture long qui est totalement à l’opposé du processus de création. J’ai accepté à en écrire un et j’ai vraiment aimé le résultat, de voir en mots et en images les sentiments. J’ai aimé cette étape-là. La réaction des parents m’a ému, parce qu’ils se disaient : « Je ne suis pas seul à vivre cela ». J’ai mis en mots ce que les pères ressentent, mais on ne se les communique pas entre nous. Ce n’est pas un réflexe que nous avons de nous confesser ou de demander conseil. Toute la série de chroniques à donner un livre qui n’est pas des histoires de comment je vais changer les couches. Je pense que l’idée de la paternité qu’on m’a permis d’exprimer dans ce magazine, c’est d’exprimer en mots ce que bien des pères vivent. La nouvelle paternité, comme on pourrait l’appeler, est encore en recherche de quoi il a l’air, qu’est ce qu’il représente dans notre société et dans le milieu familial. Je vois à travers les yeux de mon père, que la nouvelle paternité n’est pas une chose désagréable, un peu plus proactif. On voit que le père à un réel plaisir à rester à la maison pour s’occuper de ces enfants. Lorsque j’ai arrêté de travailler pour être à la maison à temps plein je disais : « Le temps ne passe pas vite, ni trop lentement. Le temps passe c’est tout ». Parfois, je ne suis pas heureux d’être père ou pas content de mes actions, mes colères inexpliquées parce que je suis fatigué. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus honorable dans une paternité. Mais il y a aussi des bons coups.

MiQ : Vous écrivez ceci sur le mandat du père : « J’ai un mandat de père, celui de livrer à la société, lorsqu’ils auront 18 ans, de jeunes adultes en bonne santé d’abord, puis des êtres capables d’exprimer leurs sentiments et de se faire clairement comprendre par tous. Après, ils feront ce qu’ils voudront ». Pensez-vous que beaucoup de parents sont en quelques sortes déconnecter de cette réalité?

Martin Larocque : Peut-être que certains parents marchent plus en regardant leurs pieds plutôt qu’en avant. Certains parents sont moins bien armés à être parent. Sans doute qu’ils n’ont pas eu des parents extraordinaires ou eux-mêmes sont dans des conditions précaires. C’est difficile de dire : « Je suis à la construction d’un futur adulte responsable ». Cela dépend de chacun et de nos réalités. Je ne pense pas qu’il y a des parents qu’ils ne veuillent pas livrer à la société des enfants responsables, heureux, … On ne part pas tous de la même place. Si tu as été battu toute ton enfance et que tu veux tout le contraire pour tes enfants, c’est un combat quotidien. Là ce n’est plus des plans d’avenir. C’est vraiment un acte quotidien d’être parents. Les enfants sont du cas au cas aussi. Je connais un père qui ne sait pas aligner deux mots, ni former des phrases, une fois qu’il est dans la forêt avec ces enfants il devient un père et un guide hallucinant. Il est capable de dire le temps qu’il và faire, quel animal est passé sur ce chemin, … Les enfants ont des yeux d’adoration envers lui. C’est un moment magique qu’ils vivent avec leur père, il devient un père merveilleux. Moi je me perds dans le bois. Quand j’ai regardé ce père, je me suis dit que nous n’avions pas tous les mêmes armes pour exprimer la paternité. Moi mes enfants, ils ne savent pas, c’est quoi, d’aller le bois ou de faire partie d’une équipe de hockey. Ce n’est pas dans mes valeurs de père. J’ai assez peur que mes enfants me demandent de faire du hockey. Moi, me lever le samedi à 9h pour aller au Colisée, il n’en est pas question. Ils font tous les soirs du piano, c’est dans mes valeurs et ils sont même obligés d’en jouer.

MiQ : Nous entendons souvent dans notre entourage : « Mon fils c’est mon ami ». Dans votre livre vous écrivez « Je ne souhaite pas être l’ami de mes enfants, mais leur père ». Quelle est la limite que les parents ne doivent pas dépasser avec leurs enfants?

Martin Larocque : Oui, il y a quelque chose de l’intimité peut-être. J’ai juste copié mon père disait cela, je suis certain que tous les enfants ont dû le dire aussi. Je suis plus qu’un ami, je suis ton père. Père te donne le bon et le mauvais rôle que j’assume tous les deux. Cela me donne le rôle d’autorité, le rôle du poteau sur lequel ils peuvent s’accoter. Cela donne un certain pouvoir, je ne sais pas encore lequel, d’ailleurs dans le livre, je n’arrive pas encore à la définir. C’est une sorte de super pouvoir, un super héros. L’ami, lui s’en và, c’est même éphémère un ami. J’ai horreur lorsqu’ils m’appellent par mon prénom. Moi c’est papa. Le mot papa est réservé à mes trois enfants, c’est tout. J’aime ce pouvoir-là d’autorité. Je souhaite plus tard, lorsqu’ils auront besoin de se confier, d’un conseil, qu’ils viennent me voir d’abord, ça je serai flatté. Je serai déçu qu’ils aillent avant voir mon meilleur ami. Là je serai détruit. Par contre, avec ce super pouvoir, j’espère qu’ils viendront me voir en premier.

MiQ : Pour les fêtes, vous suggerez à vos invités de ne pas apporter de cadeaux, mais plutôt de donner du temps. Dans le monde que nous vivons où homme et femme sont des carriéristes plutôt que des parents, est-ce encore possible de prendre du temps?

Martin Larocque : Cela ne marche pas fort mon idée (éclat de rire). Avec mes parents, cela fonctionne, ils ont compris. Ils les emmènent voir des shows. Par exemple à Noël, ils vont voir « Casse-Noisette ». Souvent, lorsque j’avais des amis à la maison, je remarquais qu’ils emmenaient des jouets aux enfants pour les tenir loin de la table et cela m’agaçait un peu. Qu’ils emmènent des bonbons ou des friandises, cela ne me dérange pas. J’ai une amie qui emmène des jouets et lorsqu’elle arrive elle passe 30 ou 45 minutes pour jouer avec eux. Elle leur donne du temps à eux. Les enfants ensuite sont rassasiés. Ils ont eu leur moment à eux. Les enfants aiment aussi les adultes et quand ceux-ci apprécient les enfants, ils le savent. Les amis ont compris et quand ils arrivent ils s’en vont jouer aux jeux vidéos avec eux et cela marche, mais pas toujours. L’idée venait en premier pour mes parents, les personnes régulières qui viennent à la maison. Je ne serai pas heureux que ceux-ci emmènent des cadeaux à chaque fois. Les enfants aiment les gens plus que les cadeaux et pas juste les miens, mais tous les enfants. Quand on fait un gros souper, il y a la table pour les enfants et tu t’assois avec eux et juste dire : « Racontez-moi quelque chose », ils en ont pour huit heures à raconter des affaires et tu n’as pas sorti un seul jouet, tu as juste été présent avec eux. Je pense que les enfants sont friands de cela. Ils aiment cette présence-là.

MiQ : Est-ce que l’on pardonne plus vite à une mère qu’à un père si ce dernier fait une gaffe?

Martin Larocque : Je pense que la présence dans ma maison – faut pas oublier que l’on fait du cas au cas – c’est assez partager. Je pense qu’ils ont leur chouchou parce qu’ils ont des atomes crochus. Mon plus vieux aime la même musique que moi, donc déjà un lien existe lorsqu’ils écoutent la musique en voiture. Quand on va manger ensemble au restaurant, c’est pareil. Mon second enfant et moi, nous sommes pareils. Deux grandes-gueules, on parle, on parle, … Mon premier et troisième enfant vont plus facilement vers leur mère.

MiQ : À 28 ans, vous avez demander conseil à votre père sur le fait de savoir comment c’est d’avoir des enfants. Si vous vous projetez dans l’avenir et qu’un de vos enfants vous pose la même question. Qu’allez-vous lui répondre?

Martin Larocque : Je vais essayer de faire comme mon père (éclat de rire). Dans le fond mon père avait raison. Moi je souhaitais des enfants depuis que j’ai 16 ans. J’ai toujours voulu être papa. Peut-être parce que j’admirais mon père et encore aujourd’hui je l’admire. Mais avant d’avoir des enfants, j’avais cerner c’était quoi la paternité. Je conseillais, j’ai aidé des gens, je donnais des trucs. Un jour, j’ai eu des enfants et je me suis fermé la gueule, parce que je n’avais rien compris. J’avais oublié le lien d’amour. Ce lien peut détruire tout ce que tu as construit dans ta tête, ça tombe à terre comme un château de cartes. À force de voir mes enfants, mais aussi ceux de ma soeur, j’ai compris qu’ils étaient tous différents les enfants. Il y a des bases, mais ils viennent avec une partie innée en eux et c’est cette partie innée qui les rend tellement différents. La paternité ne comporte aucune théorie.

MiQ : Est-ce que votre livre pourrait donner lieu à des conférences à travers le Québec?

Martin Larocque : J’étais en train de penser à cela cette semaine. Je ne sais pas s’il y aurait un public pour cela. J’ai une idée sur une conférence. La première réponse serait oui, mais faut les faires, faut que cela soit intéressant. Je suis un homme de scène, j’y pense de plus en plus. Une conférence sur des réflexions sur la paternité me tenterait. Je croîs à la présence du père, je pense que cela pourrait être de belles réflexions que nous aurions ensemble.

MiQ : Cette année dans Virginie, votre personnage d’Hercule fait face à la maladie. Que vous réserve les prochains épisodes? Vous verra-t-on dans la prochaine saison de Virginie?

Martin Larocque : Je sais à peu près pour le prochain mois. Fabienne Larouche, n’aime pas trop nous en dire à l’avance. Donc quand on reçoit des textes, là on apprend où le personnage se trouve. Les téléspectateurs savent qu’Hercule à la sclérose en plaques, mais ce n’est pas cela, c’est quelque chose de plus grave et il ira en traitement pour cela. Hercule s’en vient avec quelque chose d’intéressant. Le rapport entre Lacaille et Hercule qui revient tranquillement, parce que son chum est revenu pour lui, c’est très touchant et les deux auront des échanges. Hercule à travers cela, trouvera un angle de vie très intéressant aussi qui va permettre d’aider les gens autour de lui.

MiQ :  Est-ce que je me trompe où Hercule ressemble beaucoup à Martin Larocque?

Martin Larocque : Ce sont deux frères jumeaux. Ceci dit, il est plus séducteur que moi. Je suis à l’inverse de cela. Quand Fabienne Larouche à créé Hercule c’était pour moi. J’ai coloré le personnage, des choses qui ne se retrouvent pas dans le texte comme le patois, la façon de chanter, la façon de réagir, de s’amuser. Je suis un acteur libre. Je donne une liberté à mon instinct. Par exemple lorsque je donne des surnoms, je retrouve quelques semaines plus tard les surnoms dans le scénario. La joie de vivre est la même, je suis plus angoissé qu’Hercule et je déteste le sport. Je suis un gars chanceux dans la vie. Je suis très amoureux, mais le jeu de la séduction reste un jeu très agréable et je me paye la traite avec Hercule.

MiQ : Avez-vous d’autres projets à part Virginie?

Martin Larocque : Il y a des conférences qui continuent (http://www.estimedesoi.ca), j’ai toujours Virginie qui continue. Le gros projet c’est la comédie musicale « Le violon sur un toit » qui aura lieu à partir de mai 2009 au Théâtre du Rideau-Vert où Denise Filiatrault m’a offert le rôle principal. Cela fait 15 ans que je souhaite jouer ce rôle. Quand j’ai vu pour la première fois cette pièce, j’étais sous le charme. C’est un très beau rôle. C’est le rôle d’un père qui est tiraillé entre ces traditions et les nouvelles façons de voir de ces enfants. J’ai toujours aimé ce rôle. Sinon, je fais faire la promotion de ce livre, je l’aime ce livre. C’est un beau livre. En le faisant, je l’ai vu comme un héritage, d’abord à mes enfants ensuite au public. Les commentaires arrivent et sont très bons. Ce qui est certain, c’est que le livre aura une suite.

Note : Chers lecteurs, si vous avez pris plaisir à lire cette entrevue, imaginez le plaisir que j’ai eu en la réalisant avec Martin Larocque, un homme charmant pour qui j’ai toujours eu beaucoup d’estime et d’admiration. Je le remercie encore, pour avoir pris du temps pour parler de son livre que je conseille vivement. Achetez-le !

Copyright – Made in Québec – Jean-Luc Doumont – 2008
Toute reproduction interdite sans la mention
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Catégories :Octobre 2008
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