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“ Un trader ne meurt jamais “ de Marc Fiorentino

Récit :

fiorentino Après avoir touché le fond en 1990, Sam Ventura, trader, joue sa vie sur un coup énorme : l’éclatement de la « bulle » pétrolière… Mais le pétrole ne baisse pas. Et la tentation monte : Sam fera-t-il appel à Eva ? Femme fatale qu’il a chassée de sa vie, Eva est trader elle aussi, mais du côté sombre des marchés : délits d’initiés, confidences sur canapé, tricheries en tous genres. Difficile de lui résister, pourtant, surtout quand elle revient lui proposer d’entrer dans une manipulation financière à l’échelle de la planète… Démythifier, démystifier la spéculation boursière : Marc Fiorentino a réussi son pari. Au-delà du suspense, au-delà des révélations, la clarté de ses descriptions a une vertu : elle fournit les clés pour comprendre la crise actuelle et les dangers de la financiarisation excessive de l’économie : subprimes, effets de levier imprudents, opacité des montages et propagation en chaîne des faillites… Le tableau est sombre mais, par-dessous, irrépressible et dévorante, perce la fascination du joueur pour le jackpot. Homme de marchés financiers, commentateur éclairé d’une actualité financière mise à nue, Marc Fiorentino sait de quoi il parle. Surnommé par la presse le « golden boy de la place de Paris » dans les années 1980, il a dirigé des équipes de traders et de financiers pendant plus de vingt-cinq ans. Sa passion pour la finance est communicative, ses explications des mécanismes les plus complexes compréhensibles. Pour lui, la finance, c’est simple et c’est un roman… Aussi est-ce tout naturellement qu’il a sauté le pas vers la fiction. Intrigue nerveuse, rebondissements adroitement préparés, personnages dessinés en contrastes violents… Ce premier roman révèle que, plus encore qu’un natural born trader, Marc Fiorentino est un natural born writer.

Avis :

Un trader est le terme anglais pour désigner un opérateur de marché. Parfois appelés « golden boys », les traders sont des négociateurs. C’est une personne chargée d’acheter ou de vendre (des titres).

Dès les premiers chapitres, il m’était impossible d’associer Marc Fiorentino avec un auteur européen. Je pensais qu’il était un de ces Européens qui ont tenté leurs chances au pays de l’Oncle Sam, parce que l’auteur écrit comme le font les auteurs américains.

Pour un premier roman, Fiorentino est entré par la grande porte des auteurs que l’on pourra déjà classer parmi les incontournables des années 2000, sans doute la plus belle découverte littéraire de ces dix dernières années. Le rythme est dense, les dialogues sont incisifs avec une dose d’humour flirtant avec San Antonio, l’histoire est impeccablement écrite sans de trop longs passages ennuyeux et enfin le politiquement correct se mélange au politiquement incorrect.

Le roman arrive à point, je ne pensais pas découvrir cette année, une perle dans la littérature.

J’emprunte 100.000 euros”, “Je rembourse 4 millions d’euros”, l’ex-trader Sam Ventura, ne vit que pour l’argent. L’auteur arrive à en faire un héros de film. L’arène du monde financier est dépeinte d’une façon réaliste. Ce thriller à tous les éléments pour être un best-seller, ce qui se réalisera assurément.

Un trader ne meurt jamais” met Paul-Loup Sulitzer au rang des has-been de la littérature, Fiorentino est le digne successeur de Georges Simenon ou de John Grisham. Il a su créer son propre univers sans copier ou s’inspirer d’autres auteurs.

Quelques perles extraites du livre :

Un vieux Pascal de 500 francs est plus excitant que Clara Morgane en pleine action.

Trader, c’est spéculer, spéculer, c’est anticiper, avoir un coup d’avance sur l’économie. Et l’économie c’est une somme d’humeurs.

Depuis que notre président (NDLR : Sarkozy) a parlé du pouvoir d’achat, les Français se plaignent qu’il baisse. Soudain, ils ont tous l’impression que c’était “mieux avant”, ce qui est faux. Mais ils sont convaincus, donc ils ralentissent leurs dépenses, donc ils provoquent un ralentissement de la croissance économique, qui provoque un dérapage des finances de l’État qui lui-même provoque un plan de “rigueur” qui aura pour impact… une vraie baisse du pouvoir d’achat. En économie comme dans la vie quotidienne et comme sur les marchés financiers, la clé, c’est la psychologie de masse.

Est-ce vraiment la fin du monde? Selon mon postulat, le consensus a toujours tort; donc la réponse est… évidemment non, ce n’est pas la fin du monde. Mais c’est la fin d’un monde. Le monde de la surliquidité, de la surspéculation, de la surmathématisation des marchés, de la surarnaque des sous-consommateurs, ce monde-là est mort. Le ménage américain, obèse d’endettement, est menacé d’anorexie. Le banquier, prêteur fou, devient emprunteur.

Le livre de l’année!

Auteur :

Marc Fiorentino est un spécialiste des marchés financiers. Après avoir dirigé pendant quinze ans des banques d’affaires américaines en Europe, il a créé sa propre société de Bourse en 1999 et un site de conseil en investissement financier en 2007. Éditorialiste sur BFM et dans La Tribune, il intervient souvent dans les médias, pour des analyses de la crise financière et des prévisions sur les marchés.

Références :

Titre : Un trader ne meurt jamais
Auteur : Marc Fiorentino
Éditeur : Robert Laffont
ISBN : 978-2-221-11219-9

Copyright – Made in Québec – Jean-Luc Doumont – 2009
Toute reproduction interdite sans la mention
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Catégories :Mars 2009
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