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“ Souvenirs d’amour : Le journal de mes vingt ans ” de Louise Portal + entrevue

Récit :

r_1770 Dans Souvenirs d’amour, Louise Portal revient à ses premiers écrits intimes où pendant une dizaine d’années elle a raconté sa quête amoureuse. En revoyant le livre qu’elle en avait tiré en 1981, sous le titre de Jeanne Janvier, elle a voulu le préciser, le corriger, sans toutefois lui enlever sa couleur et ses impudeurs, la vérité originelle des confidences qui firent de Robert Lalonde et François Truffaut des lecteurs profondément émus. L’écrivain québécois y reconnut la plume d’une consœur, le cinéaste français fut emporté, bouleversé par la liberté du propos.

Avis :

Écrire un journal intime, c’est donner à l’écrit toute sa transparence sans tabou, sans censure et offrir à ce dernier sa vie entière. Coucher sa vie sur papier est un don en soi, un don que peu d’écrivains puissent jouir de ce talent. Bien souvent cela tourne à l’autobiographie et les choses que nous aurions aimé savoir ne s’y trouvent pas.

Dans cette réédition de “Jeanne Janvier” sous le titre “Souvenirs d’amour – Journal de mes vingt ans”, tout est écrit. Avec une plume parfaite et sensuelle à souhait, elle donne à ces pages tout son amour, toute sa passion et tous ces souvenirs d’amour sans rien ne cacher. Elle se livre comme jamais.

Être sous le charme de Louise Portal et de son écriture, c’est ce que je suis. L’une de nos plus grandes actrices, est l’une de nos plus grandes écrivaines que le Québec puisse accueillir dans son jardin d’écrivains qui seront éternels.

Son livre est un témoignage de sa jeunesse – son regard est éternellement jeune, je l’ai vu –, mais traduit aussi que cette femme exemplaire est une grande amoureuse devant l’éternel. Autant les hommes que les femmes se retrouveront dans ce livre qui est unigénérationnel.

Un livre parfait tout simplement. Un livre très rare et précieux.

Madame Portal, je vous admire beaucoup.

P.-S. : Mention spéciale pour le livre qui est sous une couverture rigide, style journal intime. Merci de donner aux lecteurs ce genre de couverture que l’on apprécie tant.

Un livre INDISPENSABLE dans votre bibliothèque.

Auteure :

img39 Après Jeanne Janvier (1981), L’Enchantée (2001) et Cap-au-Renard (2002), Louise Portal nous replonge dans son univers poétique dans L’Angélus de mon voisin sonne l’heure de l’amour. De plus, elle a signé son premier texte destiné aux enfants: Ulysse et Pénélope.

Références :

Titre  : Souvenirs d’amour – Journal de mes vingt ans
Auteure : Louise Portal
Éditeur : HMH Hurtubise
ISBN : 978-2-89647-171-3
Prix : 19,95 $

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Entrevue avec Louise Portal

En moins d’un an, c’est la seconde fois que j’ai le plaisir d’avoir Louise Portal en entrevue. Un réel bonheur. “Souvenirs d’amour : Journal de mes vingt ans” est la réédition de son journal intime sorti une première fois en 1981 sous le titre de “Jeanne Janvier”. Devant la pression des lecteurs qui ne pouvait plus se procurer ce livre, Louise Portal à décider de se replonger dans ces souvenirs de jeunesse et offrir de nouveau ce livre aux nombreux lecteurs qui l’attendait avec une grande impatience : “Depuis les dernières années, j’ai un lectorat important et souvent on me demandait la réédition de “Jeanne Janvier”. J’ai proposé à mon éditeur de le publier de nouveau, mais en revisitant ce livre. Je l’ai amélioré, parce que depuis 30 ans ma plume s’est améliorée”.

Ce livre intemporel a su traverser les années sans prendre une ride. Pour Louise Portal, l’importance de ce livre repose sur le fait qu’autant l’homme que la femme vont se reconnaître dans ce journal intime : “La quête amoureuse n’a pas d’âge. Je suis en accord avec vous, ce livre est intemporel. Je crois que cette quête amoureuse est valable à tout âge, les jeunes filles ou les jeunes hommes dans la vingtaine vont se reconnaître dans cette jeune femme que j’ai été. Moi, je me reconnais encore dans ce texte, alors que j’ai 58 ans. On apprend à vivre avec soi, mais finalement on ne change jamais dans cette quête”.

Pour l’écrivaine, il était impossible de penser que 28 ans plus tard, une nouvelle génération allait redécouvrir ce journal intime : “J’avais écrit mon journal en ne pensant même pas être édité un jour. C’est grâce à mon ami Robert Lalonde que ce journal à vu le jour. Il m’avait dit lorsque je lui ai fait lire mes cahiers qu’ils étaient remplis de poésie et il m’a proposé de m’accompagner dans le choix de certains passages. Je vais vous avouer que c’est seulement aujourd’hui que je me suis rendu compte de la valeur de ce livre, parce qu’il résonne encore presque 30 ans plus tard”.

Elle ne peut que se réjouir que ce journal touche autant de lecteurs et de lectrices : “Les lecteurs me réconfortent dans l’écrivaine que je suis. Au fond, c’est tellement difficile de vivre de sa plume avec le nombre de livres publiés. Le métier d’écrivain est un métier solitaire, on rencontre des embûches, des insécurités. On se demande souvent si ce que l’on écrit fera vibrer le lecteur comme on le souhaite. C’est un cadeau de voir qu’un livre touche autant le lecteur et que les gens achètent nos livres”.

Lors de la relecture de son journal, Louise Portal a passé par plusieurs émotions : “J’ai passé de l’irritation à la compréhension de “Jeanne Janvier”, cette quête de l’amour absolu, cet amour parfait. Lorsque j’ai terminé le tout, j’étais remplie d’émois et d’amours pour cette jeune femme que j’ai été. Je me suis dite : “Si je suis ce que je suis devenue, c’est grâce à cette jeune femme éperdue d’amour. Finalement, lorsque l’on ne sait pas rencontrer, on ne peut rencontrer l’autre”.

Une question me trottait dans la tête : “Est-ce que Louise Portal est une grande amoureuse devant l’éternel?” La réponse est plus que positive : “Tout à fait. D’ailleurs, mes livres en témoignent et même ce premier livre que j’ai écrit entre 18 et 28 ans et les plus grands rôles que j’ai interprétés en témoignent également. Je me souviens d’avoir joué dans un film qui s’appelait “Les amoureuses”, cela veut tout dire”.

Son rapport avec l’écriture est plus que fusionnel. Dans ce journal elle écrit : “Écrire parce qu’incapable de rester immobile. Muette. Traduire la rumeur de mon coeur. L’inscrire”. Depuis l’âge de 14 ans, Louise Portal écrit : “J’ai écrit mon journal, des chansons, ensuite je suis arrivée à l’écriture romanesque en 2001. J’ai choisi le nom de plume Portal, parce que c’est le nom de mon père. Même si je suis actrice, je savais bien qu’une carrière littéraire m’attendait, certainement un prolongement de la main de mon père, car ce dernier est au cœur de plusieurs de mes œuvres et il en est question aussi dans “Souvenirs d’amour””.

Elle est l’aînée de la famille. Elle écrit qu’elle s’est imposée “…d’être parfaite, sur la ligne de front, comme une ordonnance, une obligation, un devoir”. Aujourd’hui, cette recherche de reconnaissance à un peu changée : “J’ai écrit mon journal ce matin et je me suis rendu compte que j’étais dans une autre étape de ma vie. Je suis dans l’acceptation d’une nouvelle réalité professionnelle. Je ne suis plus dans les années de performances avec les ambitions qui s’imposent. Maintenant je suis dans quelque chose de différent et je n’arrive pas à le nommer. C’est une sorte d’accepter de vieillir. Lorsque nous vieillissons, la réalité autour de nous se transforme aussi, c’est un gros travail d’acceptation. Lorsque l’on accepte cela, c’est que nous sommes sereins”.

Le bonheur de Pierre

Depuis quelques semaines, le film “Le bonheur de Pierre” avec Pierre Richard et Rémy Girard est sur nos écrans. Louise Portal garde un merveilleux souvenir du tournage : “Le film fut un réel bonheur. Pour moi c’était un cadeau. J’ai joué avec mon camarade Rémy Girard, j’ai adoré ce tournage et l’accueil fut incroyable, parce que la communauté de Sainte-Rose-du-Nord a le cœur sur la main. Le film fonctionne bien, le public a accueilli ce film très bien. Nous avons du public dans les salles mêmes si nous avons été écorchés par une certaines critiques. Les gens qu’ils l’ont vu ne comprennent pas la réaction de la critique. Je me dis que la critique est désabusée, ils ont trop de films à regarder et ils sont devenus extrêmement exigeants, mais je suis certaine que les critiques n’ont pas saisi le film, pourtant ce sont des gens intelligents, mais ils l’ont pris au premier degré”.

Copyright – Made in Québec – Jean-Luc Doumont – 2009
Toute reproduction interdite sans la mention
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Catégories :Mars 2009
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