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Archive for 14 avril 2009

“ Illusions “ d’Henri Bellotto + entrevue

Récit :

Le célèbre auteur Mike Savor voit sa carrière interrompue à la suite d’un terrible accident sur une route sinueuse de la Californie. Plongé dans un coma profond, il devient l’hôte du Sismonian, un hôpital renommé de la ville de Stockton. Mais sa présence, jugée dérangeante pour certains, provoque bien des tensions entre la direction et le personnel de l’institution de santé. Inconscient, Mike quitte sporadiquement la terre des vivants pour errer vers les frontières incertaines de l’autre monde. Son esprit voyage alors dans les limbes, une extraordinaire excursion aux limites du réel. Or, quand la femme du romancier réclame l’énorme montant de son assurance vie à la Western Lloyd Company, cette dernière envoie son meilleur agent, Ben Apperbeck, enquêter sur la légitimité de la réclamation. De son côté, Léa, une infirmière dévouée et grande admiratrice du romancier, suivra pas à pas le coma avancé de son protégé, qui réussira mystérieusement à créer avec elle des liens affectifs. Et jusqu’au bout, avec l’aide d’Apperbeck, elle tentera d’arracher Mike à une fin horrible. Réussira-t-il un impossible retour avant l’inévitable?

Avis :

Après son “best-seller” paru en 2006, “La Porte du silence”, l’auteur grenoblois Henri Bellotto, nous arrive avec son nouveau roman qui risque de susciter une fois de plus l’intérêt auprès des lecteurs. L’histoire est très bien ficelée, les dialogues sont riches, malgré certaines noirceurs du roman, le roman contient de petites phrases échappatoires qui donnent des bouffées d’air frais aux lecteurs. L’auteur qui se dit autodidacte dans l’écriture, ne suivant aucun modèle préalable, Bellotto se révèle comme un auteur né, un de ces auteurs qui sont inspirants et qui donnent du plaisir et du suspense à son roman. Pour ma part, le terme de roman aurait pu être remplacé par thriller. Les éléments que contient “Illusions” sont très cinématographiques, presque une œuvre de thriller cinématographique. En ce début d’année 2009, Bellotto est pour moi une découverte majeure et j’en suis déjà fan. Tout comme moi, vous allez être sous le charme de Léa, cette infirmière dévouée qui joue un rôle important dans l’histoire et vous serez attendri que le destin fait subir à Mike Savor. Génialissime.

Auteur :

Henri Bellotto est né à Grenoble en 1952. Fils d’immigrés italiens établis en France, il a été depuis sa petite enfance bercé par cette double identité culturelle. Attiré par les lettres, il a pourtant suivi un chemin très différent de celui auquel il semblait prédestiné. Les aléas de la vie ont, semble-t-il, choisi pour lui. C’est ainsi qu’il a fait des études dans les années 1970 au Lycée technique et est devenu concepteur électromécanicien pour ensuite être employé à titre de dessinateur industriel. N’ayant aucune formation littéraire spécifique, en parfait autodidacte il suit son inspiration sans modèle d’aucune sorte et pensant ne subir aucune influence. L’écriture lui est devenue une nécessité. Inventer une histoire, y faire naître des personnages lui paraissent les plus belles des aventures. De nature tour à tour aventureuse ou contemplative, Henri Bellotto aime voyager, découvrir et méditer. Attiré par la créativité en général, il apprécie autant celle qui s’exprime dans le domaine des arts que celle qu’offre la nature dans toute sa diversité. La Porte du silence, une œuvre enlevante qui offre une réflexion à la fois originale et dérangeante sur la soif de pouvoir et les excès qui l’accompagnent, est son tout premier roman. Puis, à l’hiver 2009, Illusions offre aux lecteurs un tout autre genre littéraire, un texte surprenant où l’on voit un homme, l’écrivain Michael Savor, tenter un retour impossible vers le monde des vivants, après un violent accident de voiture qui l’a plongé dans un profond coma.

Références :

Titre : Illusions
Auteur : Henri Bellotto
Éditeur : Les Éditions JCL
ISBN : 978-2-89431-373-2
Prix : 24,95 $

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Entrevue avec Henri Bellotto

MiQ : Vous vous décrivez comme un autodidacte dans l’écriture, à la vue de ce nouveau roman, vous maîtrisez tous les aspects littéraires mieux que quiconque. D’où provient votre amour pour l’écriture?
Henri Bellotto : Il m’est très difficile de répondre à cette question, car je n’ai pas de réponse très explicite. Je peux simplement préciser qu’écrire m’a toujours été assez facile, de mon enfance jusqu’à l’âge adulte. Jouer avec les mots est pour moi un réel plaisir et l’Ecriture m’apporte d’intenses satisfactions. Cette faculté est en moi comme une caractéristique génétique, sans que je l’ai recherchée ou spécialement travaillée. Elle me semble innée et me correspond sans effort.

MiQ : Votre livre "Illusions" est un roman sous forme d’un thriller. Vous vous situez où entre cette limite du roman et du thriller?
Henri Bellotto : Je m’interroge sur la "classification" de mes romans qui n’appartiennent pas vraiment à un type précis. Ils mêlent à la fois : fiction, réalité historique ou contemporaine, amour, suspense, fantastique, pensées philosophiques. Tout ceci donne un genre très difficile à classer. Peut-être sont-ils à ranger dans une case qui reste encore à étiqueter.

MiQ : Votre héros, Mike Savor, est un écrivain réputé. En tant qu’auteur, était-ce plus facile de cerner le personnage de Savor en tant qu’écrivain plutôt que s’il aurait été un journaliste ou un avocat?
Henri Bellotto : Non, pour moi ça ne fait aucune différence. Je pense pouvoir me glisser indifféremment dans la peau de tel ou tel personnage. Il suffit de cerner le caractère de chacun. C’est de cette façon que je donne à mes personnages une réelle consistance ; en leur permettant d’exprimer leurs états d’âme quels qu’ils soient. 

MiQ : Vous expliquez très bien cette "présence" de l’après-vie. Vous-même, avez-vous remis en cause plusieurs de vos dogmes?
Henri Bellotto : Ceux de mon enfance, certainement. En écrivant "La porte du silence" puis "Illusions" j’ai d’abord suivi des intuitions qui n’ont cessé de s’affirmer pendant leur écriture. J’en suis arrivé à un point d’auto-persuasion total et à la conviction que je faisais "bonne route".

MiQ : Votre écriture est très stylisée, pourtant malgré la noirceur du roman se dégage toujours une atmosphère joyeuse, de petites phrases qui donnent le sourire. Ce judicieux mélange est-ce pour donner un certain rythme au roman?
Henri Bellotto : En partie seulement. Cela correspond aussi à ma personnalité mêlée de gravité et d’humour. C’est un peu comme dans la vie où tout n’est pas forcément totalement noir, même dans les situations les plus difficiles. Pour le reste vous avez raison. Je crois que le lecteur a besoin de souffler de temps à autre en changeant de rythme et en "sortant" un peu de l’intrigue. L’humour peut donner un aspect plus humain au texte.

MiQ : Le personnage de Léa était primordial dans votre roman. Comment est-elle née?
Henri Bellotto : Naturellement, sans que je la cherche et comme tous les autres personnages du roman. Là aussi il est difficile de vous expliquer comment naît mon histoire et à quels moments les intervenants y apparaissent. Ils viennent au fil de l’écriture, naturellement. Je construis "au fil de l’eau", sans faire de plan ni de brouillon. Parti sur un scénario tenant en quelques lignes, le récit se met en place tout seul. Vous avez raison, le personnage de Léa est primordial. D’ailleurs y a-t-il dans Illusions un héros ou une héroïne ? Sans doute les deux, mais n’a-t-on pas dit que "la femme est l’avenir de l’homme"…?

MiQ : Vous connaissez un grand succès au Québec, est-ce que cela vous tenterait d’écrire un de vos prochains romans où l’histoire se situerait ici au Québec?
Henri Bellotto : Très certainement oui. Votre magnifique pays de grands espaces ne peut qu’inspirer de belles et grandes épopées. Sans avoir la prétention de me comparer à Jack London, pourquoi pas l’histoire de la découverte d’un fantastique filon, avec tous les dommages colatéraux qui vont avec.  

MiQ : À la lecture d’ "Illusions", je me suis aperçu que votre style littéraire et cette manière d’aborder la psychologie de vos personnages, ressemblaient étrangement à ceux de John Grisham. Était-ce un auteur qui vous a inspirés?
Henri Bellotto : Je vais sans doute vous décevoir, mais je n’ai jamais rien lu de cet auteur. Je suis toutefois flatté que vous compariez mon écriture à la sienne.

MiQ : Quels sont vos projets?
Henri Bellotto : J’écris actuellement un nouveau roman dont le sujet porte à la fois sur les joies et les bienfaits du nucléaire, l’extrémisme islamique et… mais là je ne peux pas en dire plus. Je peux simplement ajouter que M. Darwin ne serait pas content du tout en le lisant. J’ai en tête plusieurs autres romans. Le plus difficile sera de choisir. 

Copyright – Made in Québec – Jean-Luc Doumont – 2009
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Catégories :Avril 2009