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Deux nouveautés sublimes aux Trois-Pistoles

“ Chavire ” de Monique Miville-Deschênes

Récit :

chavire Celle qui a accompagné et chanté Félix sur les grandes scènes d’ici et d’Europe s’inspire de son lieu de vie, le doux pays de Saint-Jean-Port-Joli, pour nous transporter à Chavire, un village qui n’apparaît sur aucune carte mais que chacun peut voir, bien réel, avec ses pêcheurs d’anguilles, ses pensées profondes, ses modes de vie, ses drames cachés et ceux qui devraient l’être mais ne le sont plus. Du vieil Agnoche qui s’inquiète de la véritable venue au monde de la tendre Marita, des La Bastille emmêlés dans les filets de leur propre famille, de Laurent Point du Jour, épileptique, scientifique et Haïtien, Monique Miville-Deschênes nous offre un parcours jalonné de préjugés, d’amours mal ou trop senties, de réflexions sur la société, de cris du coeur qui s’élancent sans gêne pour frapper dur. Et profond. Chavire nous surprend dans tout, tant dans sa dureté que dans ses douceurs : « Mon beau plaisir, c’était de m’étendre à plat ventre sur le bord de la rivière et de regarder descendre avec le courant les bulles sur l’eau, qu’Agnoche appelait les soupirs des poissons. J’essayais de comprendre les soupirs : j’y voyais des peines, des bobos, j’entendais des petits rires, des disputes, des pleurs. Un jour, j’ai entendu mourir un vieux père saumon. Son dernier soupir était venu éclater dans ma main. »

Avis :

Le roman s’ouvre sur la plus belle citation de Jules Renard : “Mes amis m’attendent au roman, comme au détour d’une rue”. Sans le savoir, cette phrase vient résumer ce roman éblouissant d’émotions, de passions et surtout de douceurs. Méville-Deschênes est compositrice d’où sa relation intime avec les sons et les rythmes. Son écriture à du rythme et le son de ces mots enchante nos oreilles comme une douce mélodie. En 548 pages – et j’en aurai pris le triple –, l’auteure transportera son lecteur à Chavire, un village qui n’apparaît sur aucune carte. Justement, c’est cela qui m’a séduit, cette absence de référence qui permet de se laisser emporter dans ce monde qu’elle dépeint avec brio. Que ce soit les réflexions sur notre société ou ces cris du cœur, rien n’est à retravailler, chacun de ces mots est juste, bien placé, bien dosé, sans chercher le double sens dans ces propos. Plus que je voyais le roman venir à sa fin, plus je devais faire un deuil de ces personnages qui m’ont séduit au point de lire ce roman en une seule soirée. Chavire est un véritable cadeau à s’offrir. À posséder absolument dans sa bibliothèque.

Auteur :

Auteure, compositrice, interprète, comédienne et dramaturge, Monique Miville-Deschênes signe, avec Chavire, une mise en scène éblouissante regroupant des personnages aux couleurs surprenantes.

Références :

Titre : Chavire
Auteure : Monique Miville-Deschênes
Éditeur : Éditions Trois-Pistoles
ISBN : 978-2-89583-195-2
Prix : 34,95 $

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“L’héritage” de Victor-Lévy Beaulieu

Récit :

news_468_471 L’héritage demeure l’un des plus purs joyaux de l’oeuvre de Victor-Lévy Beaulieu, un puissant hennissement qui fait se cabrer la jument tavelé quand la Loi devient ce sang qui coule dans les veines de la destinée. Roman tout plein d’émotions, porté par le souffle immense du grand écrivain, L’héritage devient une authentique tragédie grecque, une montée de fureur, une descente au coeur de ce qui nous habite, une main qui s’embrase sur le ventre chaud des amours interdites dans une chambre du Château Frontenac. L’héritage dans une version revue, complète et définitive.

Avis :

Victor-Lévy Beaulieu est un romancier unique au Québec. À l’évocation de son nom, rime très souvent le mot excellence. Vous avez été deux millions de téléspectateurs à suivre ce téléroman à Radio-Canada, voici quelques années. Mais ne vous attendez pas à lire le scénario. C’est une véritable oeuvre littéraire. Quand j’écris le mot oeuvre, le mot est bien petit. Beaulieu a eu l’idée de publier de nouveau son roman dans une version revue, complète et définitive. Se replonger dans la famille Galarneau avec ces drames, ces passions, mais aussi ces coups de colère est jouissif pour le lecteur. Ce roman est sorti en deux parties en 87 et 91 et je dois vous avouer qu’il n’a pas pris une seule petite ride. L’héritage traverse le temps et les modes en gardant son excellence dans l’écriture qui en fait une œuvre majeure de la littérature francophone et non pas que Québécoise. J’ai un immense respect pour l’auteur qui m’a montré à travers ces romans le Québec dans lequel je vis depuis neuf ans. Lire Victor-Lévy Beaulieu, c’est lire notre passé et notre quotidien à la fois.

Je vous rappelle que ce livre est disponible en version de luxe.

Auteur :

Originaire de Saint-Paul-de-la-Croix, comté de Rimouski, il fait ses études primaires à Trois-Pistoles pour ensuite se diriger à l’école Pie IX à Montréal-Nord. Son premier emploi est celui de commis à la Banque Canadienne Nationale, durant les années 1965-1966. Sa carrière en lettres débute à l’hebdomadaire Perspectives où il occupe le poste de journaliste-chroniqueur durant 10 ans (1966-1976). En 1967, il est également journaliste à la pige au journal La Presse, au Petit Journal, au Digest Éclair, à Liberté (1968-1970) et à Maintenant en 1970. Il gagne le prix Larousse-Hachette 1967 grâce à un essai de dix-huit pages divisé en quatre parties: Hugo social, Hugo politique, Hugo philosophe et religieux, Hugo purement littéraire. De retour d’une année à Paris, en 1968, il est scripteur au poste de radio CKLM à Montréal et reprend sa tâche de journaliste-chroniqueur. En 1969, il publie un premier roman Mémoires d’outre-tonneau aux éditions de l’Estérel. Ce premier roman sera suivi de nombreux autres tels que Race de monde — La nuite de Malcomm Hudd — Jos Connaissant — Les Grands Pères — Un rêve québécois — Oh Miami Miami Miami tous ces romans ont été édités aux Éditions du Jour. — Don Quichotte de la démanche, aux Éditions de l’Aurore ainsi que Blanche Forcée — N’évoque plus que le désenchantement de ta ténèbre, mon si pauvre Abel — UNA — Satan Belhumeur — Moi Pierre Leroy, prophète, martyr et un peu fêlé du chaudron — Discours de Samm ont été édités par la maison d’éditions VLB Éditeur. Il y a eu Steven Le Hérault — L’héritage tous deux des Éditions int. Alain Stanké. Il a aussi publié un nombre considérable d’essais comme: Pour saluer Victor Hugo, 1971– Jack Kérouac, 1972– Monsieur Melville, en trois tomes, 1978 — Seigneur Léon Tolstoi, 1992 — Voltaire, 1994 — Écrits de jeunesse, 1996 — Chroniques du pays malaisé, 1996. Il a apporté beaucoup au monde de la radio car il est auteur de nombreux textes radiophoniques diffusés à CBF entre autres pour l’émission «Documents», «Petit théâtre», «Roman», «La Feuillaison». Il fut aussi invité régulièrement à des émissions de radio telles que «Des livres et des hommes», «Carnets Arts et Lettres», «Book-club», «Horizons», «La littérature en été», «L’atelier», «Leur violon d’ingres», «Langage de mon pays, Les romanciers de notre langue» et des émissions à la télévision telles que «Femmes d’aujourd’hui» et «Le français d’aujourd’hui». Victor-Lévy Beaulieu a aussi contribué à l’essor d’oeuvres destinées à la télévision. Il a écrit le scénario du film Le grand voyage (1974), réalisé par Marcel Carrière ainsi que le scénario de Louis Cyr (1975-1977), film réalisé par François Brault. De plus en 1991 il écrit le téléfilm Hamlet en Québec. Enfin, en 1994, il a supervisé le téléfilm Docteur Ferron, adaptation de l’essai du même nom par le réalisateur Jean-Marie Biotteau. De plus, il a eu beaucoup de succès avec ses téléromans, il est l’auteur de Race de monde, téléroman réalisé par Maurice Falardeau et Jean-Yves Laforce en 1978-1980. Il est auteur du téléroman l’Héritage (1987-1990). En 1991, c’est le début de la série Montréal P.Q. dont son écriture se termine en 1994 avec 62 épisodes de 60 minutes. Plusieurs de ses oeuvres ont également été éditées en France et traduites en anglais. Consultez la liste des oeuvres. Mais son expérience dans le milieu littéraire ne se résume pas seulement à la création d’oeuvres il fut aussi directeur du magazine Digest Éclair – dimensions nouvelles 1968-1969, journaliste-chroniqueur au Devoir 1968-1977, directeur littéraire aux Éditions du Jour 1969-1973, enseignant en littérature à l’École nationale de théâtre 1972-1978, enseignant comme écrivain-conseil, à l’École nationale du théâtre du Canada 1985. De plus, il est récipiendaire de nombreux prix. Tout commence en 1972 où il obtient le grand prix littéraire de la ville de Montréal pour Les grands pères. Par la suite il reçoit le prix du gouverneur général en 1975 pour son roman Don Quichotte de la démanche publié en 1974. En 1979, il reçoit le prix France-Canada pour Monsieur Melville publié en 1978. Il remporte le prix Molson pour Satan Belhumeur publié en 1981. Premier mars 1982, on lui décerne le Prix Ludger-Duvernay pour l’ensemble de son oeuvre et également en mai 1982 le Prix Belgique-Canada pour l’ensemble de son oeuvre. Il remporte de 1988 à 1990 le prix Gémeaux pour le meilleur texte dramatique pour la télévision (L’HÉRITAGE). Le prix Annik lui est attribué en 1990 pour la meilleure série dramatique de l’année. De plus en 1992, il fut finaliste pour Montréal P.Q. et pour Hamlet en Québec dans le cadre du prix Gémeaux comme meilleur texte dramatique de l’année. Il a gagné le prix Marcel Blouin de la radio pour la série radiophonique sur Roger Lemelin. En 1993, il reçoit le Grand Prix de théâtre du Journal de Montréal pour Sophie et Léon. En mars 1994, il reçoit le prix de la personnalité touristique et culturelle du Bas-Saint-Laurent. À l’automne 1996, il se mérite (2) prix Gémeaux pour le téléroman Montréal P.Q.. Il remporte également un prix Gémeaux en 1997, pour le meilleur texte de téléroman Bouscotte. À l’autommne 1999, Victor-Lévy Beaulieu nous livre un récit : Un loup nommé Yves Thériault. Ce récit raconte une foule d’anecdotes qui brossent un portrait parfois triste et parfois drôle, mais toujours émouvant, d’un Yves Thériault aux prises avec les démons de son écriture. Selon un article publié dans TV Hebdo du 28 mai au 3 juin 1977, il est écrit: «Essayiste, romancier, journaliste, éditeur, dramaturge et enseignant à ses heures (la liste pourrait s’allonger longtemps encore), Victor-Lévy Beaulieu, se classe certainement parmi les auteurs les plus prolifiques du milieu littéraire québécois contemporain.»

Références :

Titre : L’héritage
Auteur : Victor-Lévy Beaulieu
Éditeur : Éditions Trois-Pistoles
ISBN : 978-2-89583-196-9
Prix : 65 $

Copyright – Made in Québec – Jean-Luc Doumont – 2009
Toute reproduction interdite sans la mention
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Catégories :Avril 2009
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