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“ Le Maître des peines – Tome 3 : Le Salut du corbeau”

Récit :

img400___398___livre Hiscoutine, 1370 – Le bourreau Louis Ruest et sa jeune épouse Jehanne d’Augignac se sont installés dans leur existence de couple marié et s’efforcent, autant que possible, de s’y habituer. Si le partage de leur lit se fait aussi aisément que celui de leur toit, le partage d’idées et d’émois est pour sa part ainsi dire inexistant. Les communications de Louis s’en tiennent au strict minimum.  Il s’absente des jours durant pour se vouer à toutes sortes de travaux. Et Jehanne, emprisonnée par son statut de maîtresse de maison, souffre en silence de cette incompréhension mutuelle, car elle aime son époux de tout son être, ne souhaitant que son bonheur qui est aussi le sien. Or, voilà qu’avec la période des nombreuses festivités hivernales survient une série d’événements dont le dessein semble être de mettre la solidité de leur union à rude épreuve. En outre, l’arrivée dans leur domaine d’une personne que nul n’attendait donne le signal au dévoilement d’aveux qui risquent de fissurer une cellule familiale déjà fragile. Louis s’instituera alors en juge de qui dépendra le sort des siens. Choisira-t-il l’option qu’il connaît si bien, soit celle de repousser leur amour, de les faire condamner, de leur donner la mort et, ainsi de se condamner lui-même au néant, ou sera-t-il prêt à pardonner, à naître vraiment, pour vivre enfin? La réponse viendra par l’aveu bouleversant d’un secret longuement gardé, dans lequel réside pour Louis un terrifiant remède possédant le pouvoir soit de le guérir soit de le tuer.

Avis :

L’auteure, Marie Bourassa, qui est pour moi la grande trouvaille littéraire de ces dernières, revient avec son dernier tome du “Maître des peines”. Un dernier tour de piste et puis plus rien. Elle passera à autre chose. Alors que d’autres romans s’éternisent en une dizaine de volumes, j’en aurai bien pris encore le double. Je suis fan de cette saga. Elle a réussi à me rapprocher du roman historique, qui pour moi tournait en rond. Cette jeune femme, remplie de talent, prouve une nouvelle fois toute sa verve dans son écriture, mais aussi sa passion pour nous raconter une histoire qui malheureusement se terminera après celui-ci. J’espère qu’un jour, elle aura l’intention d’écrire la suite, d’ici quelques années, suite à la pression de ces fans. Qui sait! Si vous avez aimé les deux premiers, ce dernier garde sa fraîcheur, son insolence, mais aussi sa cruauté. Un formidable roman! Je suis en deuil…

Auteure :

Originaire de Sherbrooke, en Estrie, Marie Bourassa naît en 1969. Malgré une jeunesse tourmentée, ainsi que des difficultés d’adaptation en milieu scolaire conjugués à un certain degré de non-conformisme, elle parvient à s’en sortir grâce au précieux soutien de ses parents, de sa famille, d’amis et d’enseignants qui ont toujours cru en elle. Cette solidarité et cet amour, de même que de  puissantes expériences de pardon, ont fini par la rendre capable de résilience, en plus de lui transmettre une vision privilégiée de la nature humaine. Œuvrant depuis près de 20 ans en librairie à Sherbrooke, elle est depuis toujours une passionnée de littérature et d’histoire, particulièrement du Moyen Âge. Madame Bourassa habite toujours la maison familiale où elle a grandi, un repaire modeste où les mots et les livres règnent en maîtres avec ses trois chats. Invitation est faite à tous de visiter son site Internet personnel : http://www.marie-bourassa.net

Quant à son premier roman, Le Jardin d’Adélie, publié à la fin du printemps 2008 par les Éditions JCL et dont l’action s’étend de 1340 à 1378, période que l’auteure considère comme « l’époque la plus cruelle du Moyen Âge », il origine d’un questionnement sur les raisons qui poussent quelqu’un à devenir méchant et sur la façon de lui venir en aide afin d’inverser cette méchanceté. Puis, au fur et à mesure que madame Bourassa s’est documentée sur ce millénaire foisonnant, son intérêt s’est mué en passion. Un sérieux travail de lectures de livres de référence et de romans lui a permis de consolider ses connaissances historiques et de comprendre deux choses. D’abord, la relation bourreau/victime, quelle qu’elle soit, naît généralement de deux solitudes, et le tourmenteur est d’abord lui-même une victime. Ensuite, le pardon et l’amour sont essentiels à toute démarche de guérison. La suite, Le Mariage de la licorne, est mis sur le marché à l’automne 2008. Le troisième et dernier tome de la série Le Maître des peines, Le Salut du corbeau, voit le jour au début de l’année 2009 aux Éditions JCL. Maintenant marié, Louis Ruest, qui dirige un domaine devenu prospère, est confronté à l’amant de sa femme ainsi qu’à l’enfant illégitime de cette dernière. Alors que le bourreau de Caen se dispose à se venger de cette nouvelle trahison, le dévoilement d’un grand secret changera le cours de sa vie.

Références :

Titre : Le Maître des peines : tome 3 – Le Salut du corbeau
Auteure : Marie Bourassa
Éditeur : Les éditions JCL
ISBN : 978-2-89431-400-5
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Entrevue avec Marie Bourassa

MiQ : "Le Salut du corbeau" termine la trilogie du "Maître des peines". Lorsque vous avez terminé ce tome, aviez-vous le sentiment du devoir accompli?
Marie Bourassa : On ne peut pas dire que "devoir" soit le mot qui convienne, puisque je me suis investie là-dedans avec passion. Je serais plutôt portée à décrire cela comme une aventure qui est désormais complète en soi, même si, en fait, elle ne fait que réellement commencer, chaque fois que quelqu’un ouvre le premier tome. J’en éprouve certes de la fierté, une fierté cependant mêlée de nostalgie, d’une certaine sensation de vide…

MiQ : Pour ce dernier tome, il est le moins tragique des deux précédents. Vouliez-vous conclure cette sage sur une note positive?
Marie Bourassa :Certains lecteurs pourront l’interpréter positivement, d’autres non. C’est une question de vécu. Mon but est, en effet, de transmettre un message positif, mais qui va au-delà du simple "happy ending" de type hollywoodien.

MiQ : Votre écriture n’a pas perdu de sa ténacité, ni de son envolée littéraire. Vous avez toujours gardé l’excellence dans l’écriture. Était-ce le plus difficile à écrire ce dernier tome en sachant qu’il n’y aura pas de suite?
Marie Bourassa : D’abord, je vous remercie pour le compliment! Il y a deux volets à ma réponse à cette question. Primo, des gens me demandent s’il y aura un jour une suite à cette trilogie, même si, en soi, une trilogie est une trilogie, point final. À cela, je réponds qu’il n’est pas impossible que j’écrive éventuellement un ouvrage qui soit en parallèle avec Le Maître des peines, par exemple un essai destiné à ceux qui souhaiteraient pousser plus loin des aspects qui ont été traités dans les romans, ou encore une nouvelle oeuvre romanesque, série ou non, mettant en vedette des personnages de la trilogie. Mais pour le moment, rien de cela ne figure dans mes projets. Secundo, non, cela n’a pas été plus difficile pour moi d’écrire le troisième tome, puisque toute l’histoire des trois a été rédigée en bloc. Par contre, j’ai bien eu des difficultés à accepter certains événement décrits dans le dernier tome. L’auteur n’est pas toujours omniscient!

MiQ : Sur votre site Internet, vous recevez beaucoup de témoignages de vos lecteurs venant de partout dans le monde. Pensiez-vous toucher autant de personnes avec cette trilogie et faire l’unanimité entre les médias et le public?
Marie Bourassa : Je ne pensais même pas être éditée aussi rapidement, ni avec un tel enthousiasme, alors c’est tout dire! Mais j’ai tout à fait conscience que cela va bien au-delà d’un simple rêve personnel qui se réalise.

MiQ : Vous terminez le roman par cette phrase "La mort ne nous anéantit pas". Pourquoi cette phrase?
Marie Bourassa : Qui, mieux qu’un bourreau, peut voir la mort de visu dans ses manifestations les plus horribles? Il serait facile pour un homme comme Louis d’en conclure que, quoi que l’on fasse, c’est elle qui l’emporte. Pourtant, il y a cette phrase porteuse d’un espoir dont, plus que jamais, nous avons besoin aujourd’hui tout autant que Louis.  Avec notre rejet de la foi catholique et de ses dogmes jugés désuets, nous avons tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain, car ce faisant, nous nous privons aussi du message fondamental de la foi qui est enseveli sous ces dogmes oxydés: ce message en est un d’immortalité et d’amour absolu, cette force motrice qui, depuis l’aube de l’humanité, fait de nous des créateurs.

MiQ : Est-ce que faire, en quelque sorte le deuil du "Maître des peines" est difficile, et ainsi se plonger dans un nouveau défi d’écrire une nouvelle histoire?
Marie Bourassa : Oui, c’est pour moi une expérience neuve et très pénible, d’autant plus que, chaque fois que quelqu’un termine la trilogie et m’en parle, je revis ce deuil. Il m’arrive aussi de demander ce que je pourrais bien écrire d’autre, après avoir véhiculé tous ces messages fondamentaux avec un tel investissement de mon âme dans Le Maître des peines. Cela ne m’empêche pourtant pas de continuer à collectionner des idées et à explorer de nouveaux créneaux. Il faut d’abord que je me relie à ma source et que je laisse les choses aller sans stress, comme je ‘ai toujours fait, à accepter le fait que ça prendra le temps que ça prendra. Écrire n’est pas un défi pour moi, cela fait partie de ma vie. Nous verrons bien si cela donnera une nouvelle histoire ou non!

MiQ : Au fil des trois tomes, les lecteurs vous sont restés fidèles et même vous en avez gagné au second tome. Les romans sont-ils en pourparler pour les diffuser en Europe?
Marie Bourassa : La diffusion de l’édition originale des Éditions JCL commence peu à peu, par le biais du distributeur et des librairies en ligne. Le club de livres France Loisirs vient de faire paraître les deux premiers tomes et le troisième va paraître en cours d’année. J’ai aussi appris que des démarches sont en cours auprès d’éditeurs français grand public. Une édition en langue étrangère est également dans les projets de mon éditeur.

MiQ : Quels sont vos projets?
Marie Bourassa : Pour l’instant, il s’agit davantage d’explorations que de projets, alors il est encore trop tôt pour en parler!

Copyright – Made in Québec – Jean-Luc Doumont – 2009
Toute reproduction interdite sans la mention
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