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Deux livres chez XYZ

Journal dérivé – Bruno Roy

Récit :

550-0

[…] les mots qu’on lit, les mots qu’on écrit sont ceux qui nous aident à devenir meilleurs. […] les mots m’ont grandi. Ils ont fait de moi ce que je suis : un homme heureux. Voilà pourquoi il ne faut pas se refuser à l’effort que les mots exigent. Cela rapporte et pour toute la vie.

C’est sur ces mots lumineux que se termine le quatrième tome du journal de Bruno Roy, des mots qui résument le parcours exemplaire de cet homme qui a décidé de construire son destin. Malgré une enfance difficile, qu’il a refusé de percevoir comme un obstacle, il est devenu enseignant (au secondaire, puis au cégep), écrivain (poète, romancier et essayiste) et, pendant treize ans, président de l’UNEQ. « J’écris même quand je n’ai pas de crayon à la main », affirme ce passionné de lecture et d’écriture qui cite fréquemment les écrivains qu’il admire et qui commente abondamment leurs livres. Même s’il fait parfois référence à des événements publics, tels que la mort de Pierre Laporte ou la tuerie de l’École polytechnique, c’est principalement sur sa vie privée que Bruno Roy entrouvre la porte dans ce journal qui s’échelonne sur une trentaine d’années et dans lequel il apparaît comme un mari amoureux, un père attentif à ses jumelles, dont il consigne fièrement les mots d’enfants, un ami préoccupé par ceux qu’il aime et un ardent défenseur de ceux qu’il appelle « les revenants d’une longue blessure », les enfants de Duplessis. C’est avec intérêt qu’on suit ses questionnements sur l’identité, sur la paternité, sur l’enfance, entre autres, et c’est avec bonheur qu’on mesure son grand amour de la vie.

Avis :

Même si la pochette du livre est très ordinaire et n’inspire pas la joie, ce petit journal est rempli néanmoins de merveilleux moments littéraires signés Bruno Roy. Avec un humour parfois acerbe, l’auteur se penche sur différents questionnements que nous avons tous. Même si certains passages m’ont semblé longs et tournaient en rond, d’autres passages sont de véritables prouesses littéraires criant de vérité et de sincérité. Bruno Roy est reconnu par le monde littéraire, ce journal témoigne de son amour pour l’écriture et pour la littérature. À lire.

Auteur :

Bruno Roy est né à Montréal en 1943. Essayiste, poète et romancier, il détient un doctorat en littérature et a publié des ouvrages sur la chanson québécoise. Professeur de littérature à la retraite, il donne depuis 1983 des ateliers d’écriture axés sur la poésie. Il a été président de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois de 1987 à 1996, et de 2000 à 2004. Depuis 1994, il est le porte-parole et président du Comité des orphelines et orphelins institutionnalisés de Duplessis (COOID). En 1999, le Département des lettres du cégep André-Laurendeau a créé le prix Bruno-Roy pour encourager la relève littéraire chez les étudiants. Il est présentement président du Camp littéraire Félix. Il a reçu le prix Félix-Antoine-Savard de poésie pour une série de poèmes parus dans la revue Art Le Sabord, intitulée Âmes portagées. Son roman L’engagé (XYZ éditeur) a été finaliste pour le prix France-Québec/Philippe-Rossillon 2005.

Références :

Journal dérivé – T. 4 – L’espace privé 1967-2000 – Bruno Roy – XYZ éditeur – 978-2-89261-550-0 – 16 $

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L’arbre qui glapit – Françoise Cliche

Récit :

L-526-1

L’amour me mène par le bout du nez et, parfois, il me mène beaucoup plus loin que je ne le souhaiterais. Ce voyage ne m’inspire rien qui vaille; je le fais pour Marie, un point c’est tout. Pour Marie et pour les quetzals. Mon beau Roméo, il me semble qu’un petit dépaysement nous ferait du bien. Notre avenir rétrécit, l’air de rien, et nous avons si peu voyagé. Au Guatemala, on a besoin de bras pour la construction de maisons, de cliniques médicales et d’écoles. Nous pourrions à la fois voir du pays et nous rendre utiles.

Peu loquace dans la vie, Roméo Morin n’a pas la langue dans sa poche dans ce récit où il raconte, de manière savoureuse, autant les bonheurs et les espoirs déçus de sa vie passée que son séjour de quatre semaines au Guatemala où, avec sa femme Marie et cinq autres bénévoles, il construit une classe supplémentaire à une école. C’est avec la même vivacité qu’il relate son magasinage dans une quincaillerie de Guatemala Ciudad, ses visites dans un centre de méditation ou dans un village peuplé de néo-hippies et ses excursions en canot sur le lac Atitlán et à pied dans une jungle humide, saturée de moustiques voraces. Comme il aimerait, parfois, être Bob Morane plutôt qu’un plombier à la retraite incapable de dire non à la femme dont il est toujours amoureux fou après quarante ans de mariage!  Râleur au cœur d’or, il se donne à fond à son travail de bénévole tout en se plaignant des aléas de son séjour au Guatemala. « Je vais de l’avant à reculons », affirme-t-il. Il ne tolère ni la promiscuité des autres bénévoles, ni  la vision quotidienne de la misère qui éveille en lui culpabilité et révolte, ni la musique des marimbas qui le rend fou. Mais il se laisse heureusement séduire par les paysages colorés et par les êtres qu’il se met à aimer sans condition : Rigoberta, la cuisinière « au cœur vaste comme le monde », le père Conrad, ce presque saint qui les dirige et, plus encore, les deux orphelins que le bon père héberge, Luisa, un ange de 12 ans, et son frère Raúl atteint d’une maladie incurable et déjà dur à cuire à 7 ans.  Roméo ne sortira pas indemne, ni physiquement ni moralement, de ce voyage qui tournera au cauchemar, mais qui lui apportera aussi l’une des plus grandes joies de sa vie.

Avis :

Françoise Cliche signe un magnifique roman qui trouvera sans aucun doute son chemin vers le succès. En moins de 300 pages, l’auteure offre bien plus qu’un voyage, elle offre un émerveillement littéraire totalement unique. À quelques reprises, on découvre au hasard d’un roman une plume qui séduit et qui émerveille la lecture. “L’arbre qui glapit”, c’est un bonheur de lecture qu’il faut vivre une fois dans sa vie. Même si l’histoire est morose, l’écriture de Cliche, égaie les moments tristes en nous faisant sourire et plonge son lecteur dans un univers qu’elle dépeint avec brio. Mille bravos! Sublime.

Auteure :

Née à Saint-Georges en Beauce, en 1956, Françoise Cliche vit maintenant à Québec. Après des études en agronomie, elle se fait postière pendant plus de quatorze ans. Désireuse de réorienter sa drôle de carrière, elle étudie ensuite en physiothérapie pour finalement accepter un emploi de technicienne en vérification fiscale. Toutes ces errances n’ont pas réussi à lui faire perdre son amour de la langue française. En 2003, elle est l’une des dix finalistes de la catégorie « amateurs » de la Dictée des Amériques.

Références :

L’arbre qui glapit – Françoise Cliche – XYZ éditeur – 9782892615517 – 25 $

Copyright – Made in Québec – Jean-Luc Doumont – 2009
Toute reproduction interdite sans la mention
https://madeinquebec.wordpress.com

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Catégories :Juin 2009
  1. 29 juin 2009 à 1:13

    Désolé mais j’ai abandonné la lecture de ce livre avant la fin. J’ai vécu l’expérience du Guatémala et heureusement que je l’ai fait avant de lire ce livre, sinon je n’y serais pas allé. Roméo est un « chialeux » de premier degré, il n’y a jamais rien à son goût et chaque événement est un drame. Dommage pour l’auteur qui a une belle écriture. Mais ça prouve que bien écrire et écrire un livre intéressant sont deux choses différentes. J’ai quand même aimé reconnaître les différents endroits que j’ai visités.

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