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Deux livres émouvants chez Robert Laffont

La belle camarade – Martine Marie Muller

camarade

Jeune fille en colère, femme libre, vieille dame insoumise… Martine Marie Muller éclaire toutes les facettes de la vie tumultueuse de Séverine (1855-1929), première femme grand reporter que Jules Vallès avait surnommée « la belle camarade ».

L’éducation bourgeoise que reçoit la jeune Caroline Rémy ne la prédestine nullement à devenir une pasionaria. Mais le spectacle des cadavres, lors du siège de Paris en 1870, la bouleverse à jamais. Elle a alors quinze ans. La rencontre avec Jules Vallès va s’avérer décisive. Secrétaire, puis collaboratrice de l’auteur de L’Enfant au quotidien Le Cri du peuple, elle y signe ses premiers articles sous le nom de Séverine. « Née dans le camp des heureux, vous avez crânement déserté pour venir, à mon bras, dans le camp des pauvres, sans crainte de salir vos dentelles au contact de mes guenilles », lui déclare Vallès. Pour Séverine, passions amoureuses et combats politiques ne faisaient qu’un. Victime d’un mariage forcé et divorcée, elle se remarie et entretient, parallèlement, une fougueuse liaison au long cours avec un journaliste… avant, au soir de sa vie, de reprendre la vie commune avec son second mari, toujours éperdu d’amour pour elle. Sur le plan professionnel, Séverine prend la direction du journal de Vallès, après la mort de ce dernier. Première femme journaliste, ses reportages la conduisent partout où la « raison du plus faible » est bafouée : au fond des mines de Saint-Étienne, dans les ateliers des ouvrières en grève du Paris populaire, dans la salle d’audience de Rennes où se déroule le procès de Dreyfus, dont elle soutient la cause. Quel visage de Séverine retenir ? Celui de la belle pour qui les hommes se battent en duel et dont Renoir peint le portrait ? Celui de la révoltée qui défend la cause des opprimés, qui fait campagne pour le droit de vote des femmes ou qui se pare de noir pendant toute la Première Guerre pour protester contre la guerre ? Ou encore celui de l’intellectuelle à la plume acérée, cofondatrice de la Ligue des droits de l’homme ? « J’ai toujours travaillé pour la paix, la justice et la fraternité », rappelle opportunément l’épitaphe que Séverine a fait graver sur sa tombe. La Belle Camarade est l’histoire d’une rencontre miraculeuse entre une héroïne flamboyante et une romancière de grand talent. La plume sensible et le style ardent de Martine Marie Muller rendent le plus beau des hommages à Séverine.

Avis :

Muller lève le voile sur une femme reporter dont le nom s’est perdu dans le temps. Grâce à ce roman, elle met en lumière celle que l’on surnommait “La belle camarade”. Elle fut la première femme journaliste et ces nombreux reportages portaient à prendre la défense des plus faibles. L’auteure signe un très beau roman à la fois bien documenté et très bien ficelé. Pour ceux qui aiment découvrir la passion d’une femme journaliste, ce livre sera une référence. À lire sans hésiter.

Auteure :

D’origine alsacienne et béarnaise, Martine Marie Muller est professeur de lettres dans un lycée de la région parisienne. Elle a notamment publié, aux Éditions Robert Laffont, Terre-Mégère, La Porte, Les Ronces de fer, Le Dernier des Pénitents, L’Homme de la frontière, Quai des Amériques, Les Enfants de l’Arche

Références :

La belle camarade – Martine Marie Muller – Robert Laffont – 978-2-221-11066-9

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L’émissaire – Noël Saez

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Quelques mois après la libération d’Ingrid Bétancourt, Noël Saez, l’un des principaux acteurs de la négociation, parle à cœur ouvert…

Durant sa carrière dans l’armée de l’air puis aux Affaires étrangères, Noël Saez a connu la guerre sous toutes ses formes : il l’a subie, il l’a faite, il en a été l’observateur. Au Chili, au Mozambique, en Argentine, puis au Salvador, il s’est trouvé confronté à de graves situations de crise dès sa prise de fonctions. « J’ai souvent choisi des pays où les choses n’allaient pas d’elles-mêmes, où le calme, la sérénité, la liberté étaient à conquérir. » Une mission qui s’est peu à peu imposée comme une vocation pour cet homme dont le franc-parler détonne dans l’univers policé de la diplomatie. Quelques mois après la libération d’Ingrid Bétancourt, il parle à cœur ouvert… Ancien consul à Bogotà, il a été chargé dès 2003 par Dominique de Villepin de négocier un « accord humanitaire » avec les FARC en vue de libérer des otages. Son principal atout ? Le contact direct noué avec Raùl Reyes, le numéro deux de l’organisation – qui l’a conduit à de multiples reprises en mission auprès des guérilleros. Il nous révèle par le menu les dessous de ses opérations périlleuses : les conditions précaires de survie dans l’enfer de la jungle colombienne, les incessants combats entre la guérilla et l’armée régulière, les nuits de veille dans des hôtels perdus à attendre un contact ou des informations. Depuis son enlèvement le 23 février 2002, Ingrid Bétancourt était devenue un symbole, presque un mythe vivant. Pendant six ans, les opérations de sauvetage se succèdent, en vain. Les diplomaties française et colombienne sont en total désaccord sur l’action à mener : Paris cherche à exfiltrer l’otage, en accord avec les FARC, tandis que Bogotà privilégie l’option militaire. Dans ce livre, Noël Saez a tenu à rétablir la vérité sur quelques points restés obscurs concernant les négociations, mais aussi sur l’opération décidée par le président Uribe. Alors qu’une enquête est ouverte par le parquet colombien sur le versement supposé d’une rançon de cinq cent mille dollars, il a choisi de dévoiler tous les aspects d’une vérité qui dérange, mais qu’il refuse de passer sous silence.

Avis :

Enfin un livre qui justifie son but : la vérité. Noël Saez démontre assez facilement la “peopolisation” d’Ingrid Bétancourt en rétablissant la vérité sur ces négociations qui lui ont permis d’être libre. Cette femme mise en avant par la France, est un fleuron de la liberté, mais n’oublions que depuis son départ, les autres otages que détiennent encore les FARC sont tombés dans l’oubli total des médias. Que deviennent-ils? Nul ne le sait. Saez, pour certains sera catalogué “grande gueule” mais il en faut dans notre monde. Sublime !

Auteur :

Après une carrière dans l’armée de l’air, Noël Saez rejoint le Quai d’Orsay en 1977. Depuis cette date, il a été successivement en poste au Mozambique, en Argentine, au Bélize, au Salvador, en Espagne, en Italie et au Venezuela. En 2001, il entre en poste au Consulat de France en Colombie. En 2005, il est nommé émissaire du gouvernement français, en charge du dossier des otages politiques en Colombie.

Références :

L’émissaire – Noël Saez – Robert Laffont – 978-2-221-11216-8

Copyright – Made in Québec – Jean-Luc Doumont – 2009
Toute reproduction interdite sans la mention
https://madeinquebec.wordpress.com

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Catégories :Juin 2009
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