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Archive for the ‘Avril 2009’ Category

Deux nouveautés sublimes aux Trois-Pistoles

“ Chavire ” de Monique Miville-Deschênes

Récit :

chavire Celle qui a accompagné et chanté Félix sur les grandes scènes d’ici et d’Europe s’inspire de son lieu de vie, le doux pays de Saint-Jean-Port-Joli, pour nous transporter à Chavire, un village qui n’apparaît sur aucune carte mais que chacun peut voir, bien réel, avec ses pêcheurs d’anguilles, ses pensées profondes, ses modes de vie, ses drames cachés et ceux qui devraient l’être mais ne le sont plus. Du vieil Agnoche qui s’inquiète de la véritable venue au monde de la tendre Marita, des La Bastille emmêlés dans les filets de leur propre famille, de Laurent Point du Jour, épileptique, scientifique et Haïtien, Monique Miville-Deschênes nous offre un parcours jalonné de préjugés, d’amours mal ou trop senties, de réflexions sur la société, de cris du coeur qui s’élancent sans gêne pour frapper dur. Et profond. Chavire nous surprend dans tout, tant dans sa dureté que dans ses douceurs : « Mon beau plaisir, c’était de m’étendre à plat ventre sur le bord de la rivière et de regarder descendre avec le courant les bulles sur l’eau, qu’Agnoche appelait les soupirs des poissons. J’essayais de comprendre les soupirs : j’y voyais des peines, des bobos, j’entendais des petits rires, des disputes, des pleurs. Un jour, j’ai entendu mourir un vieux père saumon. Son dernier soupir était venu éclater dans ma main. »

Avis :

Le roman s’ouvre sur la plus belle citation de Jules Renard : “Mes amis m’attendent au roman, comme au détour d’une rue”. Sans le savoir, cette phrase vient résumer ce roman éblouissant d’émotions, de passions et surtout de douceurs. Méville-Deschênes est compositrice d’où sa relation intime avec les sons et les rythmes. Son écriture à du rythme et le son de ces mots enchante nos oreilles comme une douce mélodie. En 548 pages – et j’en aurai pris le triple –, l’auteure transportera son lecteur à Chavire, un village qui n’apparaît sur aucune carte. Justement, c’est cela qui m’a séduit, cette absence de référence qui permet de se laisser emporter dans ce monde qu’elle dépeint avec brio. Que ce soit les réflexions sur notre société ou ces cris du cœur, rien n’est à retravailler, chacun de ces mots est juste, bien placé, bien dosé, sans chercher le double sens dans ces propos. Plus que je voyais le roman venir à sa fin, plus je devais faire un deuil de ces personnages qui m’ont séduit au point de lire ce roman en une seule soirée. Chavire est un véritable cadeau à s’offrir. À posséder absolument dans sa bibliothèque.

Auteur :

Auteure, compositrice, interprète, comédienne et dramaturge, Monique Miville-Deschênes signe, avec Chavire, une mise en scène éblouissante regroupant des personnages aux couleurs surprenantes.

Références :

Titre : Chavire
Auteure : Monique Miville-Deschênes
Éditeur : Éditions Trois-Pistoles
ISBN : 978-2-89583-195-2
Prix : 34,95 $

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“L’héritage” de Victor-Lévy Beaulieu

Récit :

news_468_471 L’héritage demeure l’un des plus purs joyaux de l’oeuvre de Victor-Lévy Beaulieu, un puissant hennissement qui fait se cabrer la jument tavelé quand la Loi devient ce sang qui coule dans les veines de la destinée. Roman tout plein d’émotions, porté par le souffle immense du grand écrivain, L’héritage devient une authentique tragédie grecque, une montée de fureur, une descente au coeur de ce qui nous habite, une main qui s’embrase sur le ventre chaud des amours interdites dans une chambre du Château Frontenac. L’héritage dans une version revue, complète et définitive.

Avis :

Victor-Lévy Beaulieu est un romancier unique au Québec. À l’évocation de son nom, rime très souvent le mot excellence. Vous avez été deux millions de téléspectateurs à suivre ce téléroman à Radio-Canada, voici quelques années. Mais ne vous attendez pas à lire le scénario. C’est une véritable oeuvre littéraire. Quand j’écris le mot oeuvre, le mot est bien petit. Beaulieu a eu l’idée de publier de nouveau son roman dans une version revue, complète et définitive. Se replonger dans la famille Galarneau avec ces drames, ces passions, mais aussi ces coups de colère est jouissif pour le lecteur. Ce roman est sorti en deux parties en 87 et 91 et je dois vous avouer qu’il n’a pas pris une seule petite ride. L’héritage traverse le temps et les modes en gardant son excellence dans l’écriture qui en fait une œuvre majeure de la littérature francophone et non pas que Québécoise. J’ai un immense respect pour l’auteur qui m’a montré à travers ces romans le Québec dans lequel je vis depuis neuf ans. Lire Victor-Lévy Beaulieu, c’est lire notre passé et notre quotidien à la fois.

Je vous rappelle que ce livre est disponible en version de luxe.

Auteur :

Originaire de Saint-Paul-de-la-Croix, comté de Rimouski, il fait ses études primaires à Trois-Pistoles pour ensuite se diriger à l’école Pie IX à Montréal-Nord. Son premier emploi est celui de commis à la Banque Canadienne Nationale, durant les années 1965-1966. Sa carrière en lettres débute à l’hebdomadaire Perspectives où il occupe le poste de journaliste-chroniqueur durant 10 ans (1966-1976). En 1967, il est également journaliste à la pige au journal La Presse, au Petit Journal, au Digest Éclair, à Liberté (1968-1970) et à Maintenant en 1970. Il gagne le prix Larousse-Hachette 1967 grâce à un essai de dix-huit pages divisé en quatre parties: Hugo social, Hugo politique, Hugo philosophe et religieux, Hugo purement littéraire. De retour d’une année à Paris, en 1968, il est scripteur au poste de radio CKLM à Montréal et reprend sa tâche de journaliste-chroniqueur. En 1969, il publie un premier roman Mémoires d’outre-tonneau aux éditions de l’Estérel. Ce premier roman sera suivi de nombreux autres tels que Race de monde — La nuite de Malcomm Hudd — Jos Connaissant — Les Grands Pères — Un rêve québécois — Oh Miami Miami Miami tous ces romans ont été édités aux Éditions du Jour. — Don Quichotte de la démanche, aux Éditions de l’Aurore ainsi que Blanche Forcée — N’évoque plus que le désenchantement de ta ténèbre, mon si pauvre Abel — UNA — Satan Belhumeur — Moi Pierre Leroy, prophète, martyr et un peu fêlé du chaudron — Discours de Samm ont été édités par la maison d’éditions VLB Éditeur. Il y a eu Steven Le Hérault — L’héritage tous deux des Éditions int. Alain Stanké. Il a aussi publié un nombre considérable d’essais comme: Pour saluer Victor Hugo, 1971– Jack Kérouac, 1972– Monsieur Melville, en trois tomes, 1978 — Seigneur Léon Tolstoi, 1992 — Voltaire, 1994 — Écrits de jeunesse, 1996 — Chroniques du pays malaisé, 1996. Il a apporté beaucoup au monde de la radio car il est auteur de nombreux textes radiophoniques diffusés à CBF entre autres pour l’émission «Documents», «Petit théâtre», «Roman», «La Feuillaison». Il fut aussi invité régulièrement à des émissions de radio telles que «Des livres et des hommes», «Carnets Arts et Lettres», «Book-club», «Horizons», «La littérature en été», «L’atelier», «Leur violon d’ingres», «Langage de mon pays, Les romanciers de notre langue» et des émissions à la télévision telles que «Femmes d’aujourd’hui» et «Le français d’aujourd’hui». Victor-Lévy Beaulieu a aussi contribué à l’essor d’oeuvres destinées à la télévision. Il a écrit le scénario du film Le grand voyage (1974), réalisé par Marcel Carrière ainsi que le scénario de Louis Cyr (1975-1977), film réalisé par François Brault. De plus en 1991 il écrit le téléfilm Hamlet en Québec. Enfin, en 1994, il a supervisé le téléfilm Docteur Ferron, adaptation de l’essai du même nom par le réalisateur Jean-Marie Biotteau. De plus, il a eu beaucoup de succès avec ses téléromans, il est l’auteur de Race de monde, téléroman réalisé par Maurice Falardeau et Jean-Yves Laforce en 1978-1980. Il est auteur du téléroman l’Héritage (1987-1990). En 1991, c’est le début de la série Montréal P.Q. dont son écriture se termine en 1994 avec 62 épisodes de 60 minutes. Plusieurs de ses oeuvres ont également été éditées en France et traduites en anglais. Consultez la liste des oeuvres. Mais son expérience dans le milieu littéraire ne se résume pas seulement à la création d’oeuvres il fut aussi directeur du magazine Digest Éclair – dimensions nouvelles 1968-1969, journaliste-chroniqueur au Devoir 1968-1977, directeur littéraire aux Éditions du Jour 1969-1973, enseignant en littérature à l’École nationale de théâtre 1972-1978, enseignant comme écrivain-conseil, à l’École nationale du théâtre du Canada 1985. De plus, il est récipiendaire de nombreux prix. Tout commence en 1972 où il obtient le grand prix littéraire de la ville de Montréal pour Les grands pères. Par la suite il reçoit le prix du gouverneur général en 1975 pour son roman Don Quichotte de la démanche publié en 1974. En 1979, il reçoit le prix France-Canada pour Monsieur Melville publié en 1978. Il remporte le prix Molson pour Satan Belhumeur publié en 1981. Premier mars 1982, on lui décerne le Prix Ludger-Duvernay pour l’ensemble de son oeuvre et également en mai 1982 le Prix Belgique-Canada pour l’ensemble de son oeuvre. Il remporte de 1988 à 1990 le prix Gémeaux pour le meilleur texte dramatique pour la télévision (L’HÉRITAGE). Le prix Annik lui est attribué en 1990 pour la meilleure série dramatique de l’année. De plus en 1992, il fut finaliste pour Montréal P.Q. et pour Hamlet en Québec dans le cadre du prix Gémeaux comme meilleur texte dramatique de l’année. Il a gagné le prix Marcel Blouin de la radio pour la série radiophonique sur Roger Lemelin. En 1993, il reçoit le Grand Prix de théâtre du Journal de Montréal pour Sophie et Léon. En mars 1994, il reçoit le prix de la personnalité touristique et culturelle du Bas-Saint-Laurent. À l’automne 1996, il se mérite (2) prix Gémeaux pour le téléroman Montréal P.Q.. Il remporte également un prix Gémeaux en 1997, pour le meilleur texte de téléroman Bouscotte. À l’autommne 1999, Victor-Lévy Beaulieu nous livre un récit : Un loup nommé Yves Thériault. Ce récit raconte une foule d’anecdotes qui brossent un portrait parfois triste et parfois drôle, mais toujours émouvant, d’un Yves Thériault aux prises avec les démons de son écriture. Selon un article publié dans TV Hebdo du 28 mai au 3 juin 1977, il est écrit: «Essayiste, romancier, journaliste, éditeur, dramaturge et enseignant à ses heures (la liste pourrait s’allonger longtemps encore), Victor-Lévy Beaulieu, se classe certainement parmi les auteurs les plus prolifiques du milieu littéraire québécois contemporain.»

Références :

Titre : L’héritage
Auteur : Victor-Lévy Beaulieu
Éditeur : Éditions Trois-Pistoles
ISBN : 978-2-89583-196-9
Prix : 65 $

Copyright – Made in Québec – Jean-Luc Doumont – 2009
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Catégories :Avril 2009

“ Libérer sa passion “ de Lyse Mérineau

Récit :

merineau Vivre avec passion. Accéder à ce qui nous fait vraiment vibrer et à ce qui nous correspond authentiquement. Avoir le courage de vivre sa vie et d’accomplir un travail qui résonne en nous. Voilà, selon l’auteure, une voie royale permettant de se réaliser, de créer et de trouver l’unité. Que vos recherchiez un nouvel équilibre vie/famille/travail, que la possibilité d’explorer un nouveau métier vous attire ou encore qu’il s’agisse de recadrer votre vie et votre travail pour que votre talent soit davantage mis à contribution, faites confiance à Libérer sa passion. Ce livre éveillera et libèrera cet élan.

Avis :

Les livres de “coach” connaissent un grand succès auprès des lecteurs. Certains sont devenus de véritables icônes de la nouvelle administration plus ouverte sur le monde et moins sur les profits. Lyse Mérineau, quant à elle, propose de vivre de notre passion. Un sujet longuement discuté dans plusieurs livres, mais ici, Mérineau permet grâce à des exercices de mettre sa passion en valeur afin de gagner sa vie. Le sujet est vaste. C’est didactique, enrichissante, mais parfois je prendrai des bouts et en laisserai d’autres. Je ne prendrai pas ce livre comme une recette miraculeuse, mais plutôt comme un outil qui permettra d’être une bougie d’allumage pour savoir si réellement notre passion on pourrait en vivre. Ce livre est intéressant sur plusieurs points, le principal est qu’il est susceptible de créer de nouveaux emplois et de petites entreprises. En ces temps difficiles, il faut s’en réjouir.

Auteure :

Lyse Mérineau est psychosociologue. Elle travaille dans le domaine du développement du potentiel humain depuis la fin des années 90. Après une carrière d’une vingtaine d’années dans le milieu des affaires à titre de directeur et stratège dans le domaine des communications-marketing pour le compte d’agences de communication canadiennes réputées, Lyse choisit de prendre un virage majeur qui l’amène plus près de l’humain. Lyse reconnaît alors que la vraie transformation s’effectue de l’intérieur vers l’extérieur et non l’inverse. Pour satisfaire sa passion d’amener les gens à reconnaître ce qu’il y a de meilleur en eux, à s’épanouir et à offrir leur contribution unique, Lyse se forme à des approches transformationnelles du développement humain. Elle choisit de pratiquer en tant que coach auprès de clients corporatifs et individuels. Lyse dessert des clients au Canada, en Europe et aux États-Unis.

Références :

Titre : Libérer sa passion
Auteure : Lyse Mérineau
Éditeur : Isabelle Quentin
ISBN : 978-2-922417-70-8
Prix : 27,50 $

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Catégories :Avril 2009

“ Entre le chaos et l’insignifiance “ de Jean Désy

Récit :

Vous voulez que je vous raconte? a-t-il demandé tout à coup. Un beau soir, un sacré soir ! j’ai craqué. […] J’ai travaillé comme un dingue et puis, paf! la chute! Comme La chute, d’Albert Camus. […] Je n’ai plus jamais été capable de voir un patient. […] La vérité, c’est que j’avais cessé d’aimer mes patients.

Jean Désy, dans cette série d’histoires médicales, interroge la place que la médecine occupe dans la société. Être médecin, est-ce que cela signifie tirer tout le confort d’un système et fonctionner comme une machine? Y a-t-il autre chose que l’argent qui compte ? Et si cette richesse n’engendrait que le vide et le désespoir ? Et si la médecine tuait le médecin lui-même?Le regard que porte le docteur Jean Désy est sans équivoque : il faut sortir la médecine du carcan bureaucratique qui l’étouffe. Il faut lui faire traverser les frontières. Il faut penser la médecine comme on rêve un poème. Il faut redonner au médecin le sens de l’amour qui est au cœur de sa pratique.Dans Entre le chaos et l’insignifiance se côtoient l’extrême misère d’Haïti et celle de l’Afrique (la mort, toujours la mort!) aussi bien que la belle utopie d’Hygiksvall en Scandinavie, où tous les citoyens sont médecins. Et puis, il y a le Nord si cher à Jean Désy, à propos duquel on trouve ce texte magnifique qui clôt le recueil et qui est une étonnante interrogation sur le Bien et le Mal. Et si le mal logeait au cœur même du bien ? Et si le mal engendrait le bien ? Ces histoires médicales sont plus que des histoires. Ce sont des questionnements profonds sur le destin humain et sur les forces du bien et du mal qui le traversent de part en part…

Avis :

Ce petit roman de 103 pages est signé Jean Désy. Sa verve littéraire est intacte, un mélange de plaisir et de joie s’installe lors de la lecture. Même si certains passages sont étirés, le roman dans son ensemble est pertinent. Vous y découvrirez le monde médical sous un angle nouveau. L’auteur se pose quelques questions auxquelles parfois y trouvent de très bonnes réponses. Je serai Désy, j’enverrai un exemplaire au ministre Bolduc. Un livre à découvrir.

Auteur :

Entre la réalité et la fiction, toujours ce réel de la souffrance, mais aussi de l’amour humain. Jean Désy écrit pour en rendre compte. Ces « histoires médicales » en témoignent.

Références :

Titre : Entre le chaos et l’insignifiance
Auteur : Jean Désy
Éditeur : XYZ Éditeur
ISBN : 9782892615470
Prix : 18 $

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Catégories :Avril 2009

“ L’oiseau et le Serpent ” de Jacques G. Ruelland

Récit :

Fin du printemps 1943. Jean de Bellegrade, issu d’un milieu très modeste, fréquente le collège de Trois-Rivières. Un bon jour, il pénètre dans la librairie d’Albert Goulet. Il ne s’imagine alors pas y découvrir un secret qui bouleversera sa vie. Il y rencontre des auteurs audacieux, un conseiller extraordinaire et une fille inoubliable. Alors, la liberté lui saisira l’âme et ne l’abandonnera plus dans cette ville étrange où les bigots pourchassent les hommes libres. Durant la Grande Noirceur, alors que le clergé et le régime de Maurice Duplessis soumettent les consciences à une discipline de fer, on assiste aux rêves, aux attentes, aux premières amours, aux deuils et aux déceptions du jeune adolescent.

Avis :

Ruelland donne au lecteur tout qu’une leçon d’écriture. Des chapitres très bien ficelés, à la fois nostalgique et sombrant dans un paroxysme de volée littéraire, il ne signe rien de moins qu’un chef-d’œuvre. Il nous fait découvrir un passé oublié et remets en lumière les années de Duplessis grâce à ce jeune adolescent qui survolera une gamme d’émotions assez conséquentes. Ruelland, auteur mainte fois récompensé, offre aux lecteurs une page de notre histoire sur fond d’histoire d’amour, de deuils et de déceptions. Un roman magnifique.

Auteur :

Né à Spa (Belgique) en 1948, Jacques-G. Ruelland a immigré au Canada en 1969 nanti d’un diplôme de technicien imprimeur. Il détient plusieurs maîtrises ainsi qu’un doctorat en histoire des sciences de l’Université de Montréal où il est professeur de philosophie et d’histoire. Signataire d’une vingtaine d’ouvrages au Québec et en France, il a gagné plusieurs prix dont le Percy-W.-Foy à deux reprises et a reçu, en 1999, la médaille d’or du Rayonnement culturel de la Renaissance française. En 2003, la France le nommait Chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques.

Références :

Titre : L’Oiseau et le Serpent
Auteur : Jacques G. Ruelland
Éditeur : Humanitas
ISBN : 978-2-89396-311-2
Prix : 24,95 $

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Catégories :Avril 2009

“ L’histoire secrète des guerres biologiques ” de Patrick Berche

Récit :

berche Savants fous, médecins tortionnaires ou chefs militaires mégalomanes sont les personnages de ce thriller… où tout est vrai. En matière d’armes biologiques, les États se sont toujours complus dans le mensonge et la désinformation : les armes non conventionnelles, particulièrement dangereuses, ont de quoi terrifier les populations. Le secret qui les entoure permet tout : l’éthique est bafouée au nom de l’efficacité, des expérimentations humaines sont réalisées sous couvert de raison d’État. Des premiers pas de la recherche biologique française pendant la Première Guerre mondiale aux attaques à l’anthrax de 2001, du " cocktail diabolique " américain en pleine Guerre froide aux armes biolétales soviétiques, des expérimentations humaines du Dr Ishii dans les années 1930 aux virus spécifiquement destinés aux populations noires d’Afrique du Sud durant l’apartheid, les récits de L’Histoire secrète des guerres biologiques brossent de notre siècle une fresque d’épouvante. Qui mieux que Patrick Berche, professeur de microbiologie, doyen de la faculté de médecine Paris-Descartes et conseiller du ministre de la Défense pour le risque biologique, pouvait nous dévoiler les arcanes de cette guerre secrète ? Il réussit le tour de force d’être à la fois très documenté dans la recherche et très clair dans l’explication.

Avis :

Si vous êtes hypocondriaque, ne lisez pas ce livre. Vous ne sortirez plus de votre chez-soi. Patrick Berche relate avec une méthodologie chronologique l’histoire secrète des guerres biologiques. Cela donne froid dans le dos. Un frisson grandit en nous au fil des pages et des chapitres. La peur monte d’un cran à chaque fois. Les révélations ne sont pas tellement sensationnelles, en fouillant bien sur Internet chacun de nous aurait pû trouver en fouillant bien une partie de cette histoire. Patrick Berche avec ces connaissances de microbiologie démontre l’aspect politique qui se cachait derrière ces guerres biologiques. Un livre saisissant, mais ô combien utile pour la mémoire collective. À découvrir.

Auteur :

Patrick Berche est professeur de microbiologie, doyen de la faculté de médecine Paris-Descartes, conseiller du ministre de la Défense pour le risque biologique et membre de l’Académie nationale de médecine. Il est l’auteur d’Une histoire des microbes (John Libbey, 2007).

Références :

Titre : L’histoire secrète des guerres biologiques
Auteur : Patrick Berche
Éditeur : Robert Laffont
ISBN : 978-2-221-11214-4

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Catégories :Avril 2009

“ Ici Julie Joyal ” de J.P. April

Récit :

Mon père, c’est l’insémination artificielle. La recette est simple : vous introduisez la semence d’un homme dans le ventre de la mère supporteuse, vous laissez chauffer à feu doux et, neuf mois plus tard, si l’embryon a pas collé au fond, le bébé est cuit comme un œuf.

Quel drôle de phénomène que cette Julie Joyal. Elle court après Harry qui, de son côté, se poursuit lui-même sans jamais se trouver. Elle voudrait aimer, avoir des seins (qui ne poussent pas), mais il ne se passe rien. En désespoir de cause, elle se prend d’amour pour Angel, la vedette numéro 1 de la chaîne 634. Le malheur est qu’Angel n’existe pas. C’est un hologramme, une pure image de synthèse. Difficile d’embrasser le vide.Les choses seraient moins graves si Mado, la mère de Julie, n’était pas en B.-O (pour burn-out). Le plus incroyable est que le psy de Mad (Mado ne veut plus qu’on la surnomme ainsi depuis qu’elle est en B.-O.!) a conseillé à Julie de s’adresser aux étoiles pour passer à travers cette épreuve. Sans doute, pense Julie, « parce que j’ai un petit rôle dans les gros problèmes de Mam ».Ce qui n’arrange rien, Julie a la nostalgie de son père absent. Au point que sa mère fait des recherches pour le retrouver. Mais c’est comme essayer de mettre la main sur le seul et unique grain de sable qui nous intéresse dans une plage sans fin. Et pourtant, cela se produit. Mieux encore : Olga, sa grande amie qui est aussi issue d’une insémination, et Julie retrouvent leur père biologique presque en même temps. Un miracle ? Non : un double miracle.Vraiment ?

Avis :

Ce petit roman est construit de 41 petits tableaux de la vie quotidienne, l’humour est présent, mais derrière l’esprit vif de l’auteur se cache une dissertation de grand talent sur notre société. Une société pas toujours en santé, qui cherche sans cesse de poursuivre son chemin, celui d’exister. Dans une écriture enivrante, J.P. April sort son épingle du jeu en offrant un livre unigénérationnel où chacun de nous, petits et grands pourront se reconnaître. Une atmosphère légère, mais qui fait réfléchir sur soi-même. À lire absolument.

Auteur :

Pour son dixième livre, J. P. April, figure originale de la fiction spéculative francophone, effectue un retour à l’anticipation sociale. Avec sa verve, sa sensibilité et son imagination à leur meilleur, April explore de l’intérieur le phénomène grandissant des enfants voués à ignorer une part obscure de leur origine.

Références :

Titre : Ici Julie Joyal
Auteur : J.P. April
Éditeur : XYZ Éditeur
ISBN : 9782892615463
Prix : 19 $

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Catégories :Avril 2009

“ Ici et là ” de Stéphanie Kaufmann

Récit :

000000_Couvert_iciETla.indd On dit parfois de certains auteurs qu’ils ont un talent particulier pour décrire le quotidien ; Stéphanie Kaufmann va bien au-delà : elle le réinvente. Portés par une écriture fine, les mots d’Ici et là s’attardent aux détails, effleurent les murs et survolent les surfaces pour entraîner le lecteur dans un voyage aussi délicieux que nostalgique. Quand, emporté par la poésie des phrases, ce dernier réalise qu’il est plongé dans la description de l’isolant rose domestique, il est trop tard : la magie des textes a fait son oeuvre. Une maison qui se nomme Champlain, les réserves de sel volées au MacDonald’s, un filet d’air chaud porté par le vent du matin, le passage du temps exprimé par le contenu des particules d’air… tant de thèmes, un seul regard, celui d’une auteure attentive. Stéphanie Kaufmann se révèle doucement à travers ses textes et invite à ses réflexions comme d’autres invitent à une fête. La table est mise, les mets sont fins, délicats, choisis avec soin, et chaque détail enrichit le festin. Ici et là est un régal qui se déguste lentement. Chacun des textes de ce recueil porte un univers à la fois familier et poétique, preuve que la vie de tous les jours peut, malgré les deuils de toute sorte, être belle.

Avis :

Si un mot devait résumer ce récit, il serait : sincérité. Cette compatriote belge, qui vit au Québec depuis plusieurs années à adopter l’écriture fleurissante des Européens. Les gênes étant présentes, elle écrit avec justesse et émotion. Elle livre avec une grande sincérité son univers à la fois poétique, mais aussi jubilatoire qui fait révéler cette jeune auteure comme une belle découverte littéraire que je suivrai de proche dans les prochaines années. Que ce soit l’histoire où encore, son déploiement dans son récit est très réussi. Stéphanie Kaufmann est une auteure que déjà j’adore. À lire!

Auteure :

Née à Louvain d’un père suisse et d’une mère québécoise, Stéphanie Kaufmann a grandi à Champlain, au bord du Saint-Laurent, et adopte Montréal où naîtront ses trois filles. À l’Université de Montréal, elle explore le cinéma et l’architecture avant de choisir la littérature, et complète un mémoire de maîtrise sous la direction de François Hébert, alors professeur au Département des littératures de langue française. Ici et là est son premier livre.

Références :

Titre : Ici et là
Auteure : Stéphanie Kaufmann
Éditeur : L’instant même
ISBN : 978-2-89502-251-0
Prix : 18 $

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Catégories :Avril 2009